"Tu l'as connu. Il n'a pas changé."

participe en bonne place au renouveau de ce genre qui avait contribué à l'éclat des carrières de John Frankenheimer
, Costa-Gavras
, Fred Zinnemann
ou encore plus récemment Oliver Stone
. A l'heure où la motivation commerciale et l'approche marketing l'emportent assez nettement sur l'engagement citoyen, il faut saluer le courage et le talent de Stephen Gaghan
(Syriana
), d'auteurs de documentaires critiques* et, donc, du Sud-africain Gavin Hood
qui, avant ce premier film produit aux Etats-Unis, s'était déjà illustré il y a trois ans avec Tsotsi
. Présenté en première au Toronto Film Festival, Rendition
n'a pourtant, malgré ses évidentes qualités, pas attiré les foules lors de son exploitation en France.


avec Andy Serkis
, Rendition
apporte un éclairage intéressant et plutôt efficace sur le thème des arrestations arbitraires. Une pratique ancienne et très répandue qui, n'en déplaise aux naïfs et aux profanes en histoire, n'a jamais été l'apanage des seuls régimes autoritaires ou totalitaires. Utilisée ponctuellement par l'administration Reagan à partir de 1987 puis validée et encadrée en 1995 par une directive Clinton, elle serait devenue une mesure préventive presque usuelle, parfois assortie de torture, à la suite des attentats terroristes de septembre 2001. Le scénario de Kelly Sane
s'inspire d'ailleurs d'un cas réel** pour illustrer les dialectiques intérêt national/droit individuel et justice/loi d'exception. Mais c'est surtout l'intelligente construction narrative, plurielle et déchronologique, qui apporte sa force au film, s'appuyant sur une évidente (mais non ostensible) qualité de réalisation, notamment visuelle, de Gavin Hood
, sur la saisissante et progressive tension créée au cours du dernier quart d'heure et sur un casting sobre et distingué, en particulier Jake Gyllenhaal
dans un rôle d'anti-Bourne
nuancé.
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*Taxi to the Dark Side
et Standard Operating Procedure
.
**celui d'un citoyen allemand né au Koweït de parents libanais détenu pendant plus de trois semaines par la CIA en 2004 rapporté deux ans plus tard par le "Washington Post". Le film présente également des similitudes avec celui d'un ingénieur télécom syriano-canadien en 2002.