| Cinéma | |||
France, Etats-Unis![]() |
Réalisateur : Douglas Sirk ![]() Scénaristes : Carol Ryrie Brink (auteur)Robert Blees James Gunn I Gina Kaus ![]() Producteur : Ross Hunter ![]() | Compositeurs : Henry Mancini (non crédité)Milton Rosen (non crédité) Hans J. Salter (non crédité) Frank Skinner (non crédité) Herman Stein (non crédité) David Tamkin (non crédité) Edward Ward (non crédité) Directeur de la photographie : Carl E. Guthrie Société de production : Universal International Pictures ![]() | Acteurs : Barbara Stanwyck (Naomi Murdock)Richard Carlson (Henry Murdoch)Lyle Bettger (Dutch Heineman) Marcia Henderson (Joyce Murdoch)Lori Nelson (Lily Murdoch)Maureen O'Sullivan (Sara Harper)Richard Long (Russ Underwood)Billy Gray (Ted Murdoch) Dayton Lummis (le col. Underwood) Lotte Stein (Lena Maria Svenson) Fred Nurney (Hans Peterson) |
13/02/2006 03/11/2008La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"How can everything seem the same to you?"

marque assurément la première véritable incursion de Douglas Sirk
dans le mélodrame classique. Après quelques comédies plutôt réussies, cette adaptation de "Stopover", roman publié en 1951 de Carol Ryrie Brink
surtout connue pour ses ouvrages pour la jeunesse (Caddie Woodlawn, 1935), annonce en effet cette formidable série qui vaut encore aujourd'hui au réalisateur sa réputation internationale. Deuxième des dix collaborations (dont le point ultime et culminant sera Imitation of Life
six ans plus tard) avec l'ancien acteur reconverti en producteur Ross Hunter
, ce drame socio-familial réunissait pour la seule fois le couple Barbara Stanwyck
-Richard Carlson
, à l'affiche séparément de pas moins de trois autres films en 1953.

recèle pourtant une incroyable densité narrative. Le scénario adapté par Robert Blees (Magnificent Obsession
), James Gunn (à ne pas confondre avec l'auteur de science-fiction homonyme) et l'écrivain viennois Gina Kaus
* (tous deux collaborateurs successifs de Robert Wise
notamment) offre il est vrai, avec une authenticité non feinte, son lot de bouleversements essentiels, incidents et émotionnels. Cette histoire de rédemption, fondée sur le thème de l'image et dont le décor se situe dans une paisible localité provinciale, se voit néanmoins sublimée par l'intelligence et la finesse de Douglas Sirk
à mettre ainsi en scène des acteurs aussi talentueux que l'incomparable Barbara Stanwyck
et le "polymorphe" Richard Carlson
(qui venait de s'illustrer dans un western et deux films de science-fiction dont It Came from Outer Space
). Sans oublier les excellents seconds rôles, la comédienne Marcia Henderson
(récente interprète de Wendy dans une version de "Peter Pan" montée à Broadway), Lori Nelson
(Bend of the River
) et Maureen 'Jane' O'Sullivan
... que l'on ne présente plus. Ou encore la Berlinoise Lotte Stein, vue chez Hitchcock
, sur laquelle repose la légère touche de comédie dans un personnage sûrement proche sur le plan affectif de Sirk
. Un peu à l'ombre des chefs-d'œuvre du genre traditionnellement répertoriés dans la filmographie du cinéaste, cette pépite ne doit surtout pas être négligée !
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*dont les ouvrages furent brûlés par le régime nazi.
| Cinéma | There's Always Tomorrow | ||
Etats-Unis![]() |
Réalisateur : Douglas Sirk ![]() Scénaristes : Ursula Parrott (auteur) Bernard C. Schoenfeld Producteur : Ross Hunter ![]() | Compositeurs : Heinz Roemheld Herman Stein Directeur de la photographie : Russell Metty ![]() Société de production : Universal International Pictures ![]() | Acteurs : Barbara Stanwyck (Norma Miller Vale)Fred MacMurray (Clifford Groves)Joan Bennett (Marion Groves)William Reynolds (Vincent 'Vinnie' Groves)Pat Crowley (Ann)Gigi Perreau (Ellen Groves)Jane Darwell (Mrs. Rogers)Race Gentry (Bob) Myrna Hansen (Ruth) Judy Nugent (Frances 'Frankie' Groves) Paul Smith (Bellboy) Helen Kleeb (Miss Walker) ... ![]() |
13/08/2008 01/12/2009La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Pourquoi tant exiger sans rien donner en retour ?"

, There's Always Tomorrow
explore une autre facette, assez dissemblable et infiniment moins lyrique, du sentiment amoureux et de la complexe relation de couple(s)... en un mot : du bonheur. Ce second film de Douglas Sirk
avec Barbara Stanwyck
se présente même comme la figure mélodramatique inverse du précédent film tourné avec l'actrice native de Brooklyn. Adapté d'un roman d'Ursula Parrott déjà porté à l'écran pour Universal
par le Britannique Edward Sloman en 1934, il est aussi l'une des moins célébrées de ses productions(1), peut-être en raison de l'inhabituelle simplicité directive et formelle qui le caractérise.

de Mankiewicz
, cet opus de Douglas Sirk
renouvelle à sa manière (et en noir et blanc !) la longue tradition du drame conjugal à la sauce hollywoodienne dans laquelle s'inscrit par exemple le Dodsworth
de William Wyler
**. Fable réaliste et un peu moraliste sur les a priori (idées reçues), le sacrifice, la maturité et, bien sûr, encore le bonheur, There's Always Tomorrow
signé par Bernard C. Schoenfeld (Caged
) se distingue de la précédente version en particulier par l'élimination de la poignante différence d'âge qui séparait les deux personnages principaux. Sirk
et ses fidèles collaborateurs Russell Metty
(photographie) et Alexander Golitzen
(direction artistique) traduisent avec une remarquable pertinence cette diffuse opposition entre apparences et vérité (allusion est faite à An American Tragedy
de Theodore Dreiser
) par une brillante alternance d'ombre et de lumière. Le récit n'atteint toutefois sa pleine dimension dramatique et cinématographique que grâce à la magistrale performance de Barbara Stanwyck
, éclipsant légèrement celle de son partenaire Fred MacMurray
, qu'elle retrouvait pour la quatrième et ultime fois(3), pourtant titulaire du rôle central. Il faut aussi et enfin souligner la solidité du jeu des jeunes acteurs, Pat Crowley
("Golden Globe" du meilleur espoir féminin 1954 pour Forever Female
), William Reynolds
, second rôle dans Has Anybody Seen My Gal?
aux côtés de Gigi Perreau
avec lesquels Sirk
avait tourné respectivement à une et deux reprises auparavant.
___
1. néanmoins programmée dans le cadre de la rétrospective consacrée à Sirk en 2005 par la Cinémathèque française.
2. un sujet particulièrement fertile ensuite en Europe, développé notamment par La Notte
d'Antonioni
et Scener ur ett äktenskap
de Bergman
.
3. après Remember the Night
de Mitchell Leisen
, l'excellent Double Indemnity
de Billy Wilder
et The Moonlighter
de Roy Rowland.
| Cinéma | Interlude | ||
Etats-Unis![]() |
Réalisateur : Douglas Sirk ![]() Scénaristes : James M. Cain (histoire)John M. Stahl (préc. film)Inez Cocke Franklin Coen Daniel Fuchs Dwight Taylor Producteur : Ross Hunter ![]() | Compositeur : Frank Skinner Directeur de la photographie : William H. Daniels Société de production : Universal International Pictures ![]() | Acteurs : June Allyson (Helen Banning)Rossano Brazzi (Tonio Fischer)Marianne Koch (Reni Fischer)Françoise Rosay (la comtesse Reinhart)Keith Andes (le dr Morley Dwyer) Frances Bergen (Gertrude Kirk) Lisa Helwig Herman Schwedt (Henig) Anthony Tripoli (le dr Smith) John Stein (le dr Stein) Jane Wyatt (Prue Stubbins) |
17/11/2007 01/11/2008La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Ce jour-là j'ai su que si l'on attend, si l'on espère, on obtient ce que l'on veut."

allait bientôt mettre un terme à sa carrière hollywoodienne. Mais, bien avant de songer à adapter le pénultième roman de son compatriote Remarque
, le cinéaste natif de Hambourg souffre-t-il probablement déjà de son trop long éloignement de la vieille Europe*. Lorsque Universal
lui donne à nouveau l'occasion de réaliser le remake très libre d'un film de John Malcolm Stahl
(When Tomorrow Comes
, 1939), version de Cendrillon modernisée par le célèbre auteur de polars James Mallahan Cain
, Sirk
part le tourner en Allemagne et en Autriche. June Allyson
et Rossano Brazzi
(le Bolonais venait de s'illustrer aux côtés de Katharine Hepburn
dans un Summertime
de David Lean
assez similaire) sont choisis pour reprendre respectivement les rôles tenus avant eux par Irene Dunne
et le Français Charles Boyer
.

. Ce qui s'avère carrément excessif, pour ne pas dire erroné concernant Double Indemnity
, Mildred Pierce
ou The Postman Always Rings Twice
pourrait ici avoir une certaine justification. Si le drame sentimental de John M. Stahl
possédait quelques arguments (pas seulement scénaristiques et sonores !!), Interlude
mérite bien pour sa part son intitulé original**. Cette bluette semble presque incongrue dans la filmographie de Douglas Sirk
, surtout comparée aux productions qui l'entourent. L'investissement du réalisateur s'avère en effet, de son propre aveu, très en retrait tant sur la plan de l'implication dans le scénario que sur celui de la mise en scène. Méritoire chez un cinéaste moins estimable, par exemple le Britannique Kevin Billington qui, en guise de premier film, réalisera onze ans plus tard un second remake
. Pas chez le "maître du mélodrame flamboyant" (appellation décernée en toute modestie par J.M. Cain
à ses ouvrages).
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*en 1949, une tentative de retour en Allemagne, en partie motivée par des motifs familiaux, s'était alors soldée par un échec.
**divertissement destiné à faire patienter les spectateurs, courte pièce musicale intercalée entre deux compositions plus importantes.
| Cinéma | The Tarnished Angels | ||
Etats-Unis![]() |
Réalisateur : Douglas Sirk ![]() Scénaristes : William Faulkner (auteur)George Zuckerman Producteur : Albert Zugsmith | Compositeurs : Frank Skinner Henry Mancini (non crédité)Herman Stein (non crédité) Directeur de la photographie : Irving Glassberg Société de production : Universal International Pictures ![]() | Acteurs : Rock Hudson (Burke Devlin)Robert Stack (Roger Shumann)Dorothy Malone (LaVerne Shumann)Jack Carson (Jiggs)Robert Middleton (Matt Ord)Alan Reed (le colonel T. J. Fineman) Alexander Lockwood (Sam Hagood) Christopher Olsen (Jack Shumann) Robert J. Wilke (Hank) Troy Donahue (Frank Burnham) William Schallert (Ted Baker) Betty Utey (la danseuse) ... ![]() |
avant le 21/11/2004 03/11/2008Première sortie mondiale : 1958 La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"The blind man isn't blind."

produit par l'ancien juriste Albert Zugsmith (The Incredible Shrinking Man
, Touch of Evil
), The Tarnished Angels
est une libre adaptation également signée par George Zuckerman du roman "Pylon" de William Faulkner
, publié en 1935. Un ouvrage aux vertus probablement exutoires pour le "Prix Nobel" de littérature (1949) et bientôt double "Prix Pulitzer" (1955 & 1963) qui, à vingt ans, s'était rêvé héros de la Première Guerre mondiale au sein de l'aviation canadienne. Pour ce drame où l'amitié, la frustration amoureuse et l'alcool, élément récurrent chez l'ami d'Howard Hawks
, sont aussi au cœur du récit, le réalisateur met à nouveau en scène trois des principaux interprètes de Written on the Wind
* auxquels s'ajoute le solide second rôle canadien Jack Carson
(Mildred Pierce
).


développe d'étranges et profondes saveurs mélancoliques, parfois sur un mode assez proches de celui du film-noir. Sur fond de perte de l'innocence et des illusions, le désir et la torture vécus par des personnages assez peu angéliques, tentant maladroitement d'échapper à cette fatalité qui les effraie (une utopie faulknérienne
), restent durablement énigmatiques. L'auteur d'"Absalom, Absalom!" semble également sonner le glas de l'héroïsme authentique, de la tradition migratoire et de l'esprit pionnier américains (la lecture par Laverne du "My Ántonia" de Wilella Sibert Cather n'est à ce titre pas anodine). Si l'empreinte de Douglas Sirk
se révèle ici moins sensible, la qualité d'interprétation de Dorothy Malone
et de Robert Stack
, sur des registres opposés, mérite d'être soulignée. Celle de Rock Hudson
, dans son huitième et ultime film pour le réalisateur, sans être décevante se montre légèrement en retrait.
___
*Lauren Bacall
, vedette aux côtés de Bogart
de deux fameuses adaptations de polar co-signées par Faulkner
, tournait la même année The Gift of Love
de Negulesco
avec Robert Stack
.