Accueil

Critique Films


Cinéma
France, Etats-Unis
Drame
Réalisateur :
Douglas Sirk

Scénaristes :
Carol Ryrie Brink (auteur)
Robert Blees
James Gunn I
Gina Kaus

Producteur :
Ross Hunter

Compositeurs :
Henry Mancini (non crédité)
Milton Rosen (non crédité)
Hans J. Salter (non crédité)
Frank Skinner (non crédité)
Herman Stein (non crédité)
David Tamkin (non crédité)
Edward Ward (non crédité)

Directeur de la photographie :
Carl E. Guthrie

Société de production :
Universal International Pictures

Acteurs :
Barbara Stanwyck (Naomi Murdock)
Richard Carlson (Henry Murdoch)
Lyle Bettger (Dutch Heineman)
Marcia Henderson (Joyce Murdoch)
Lori Nelson (Lily Murdoch)
Maureen O'Sullivan (Sara Harper)
Richard Long (Russ Underwood)
Billy Gray (Ted Murdoch)
Dayton Lummis (le col. Underwood)
Lotte Stein (Lena Maria Svenson)
Fred Nurney (Hans Peterson)

13/02/2006
03/11/2008
Première sortie mondiale : 1953
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 25 octobre 2008
Note du film : 6/6

"How can everything seem the same to you?"

 - film - 11149_1
All I Desire marque assurément la première véritable incursion de Douglas Sirk dans le mélodrame classique. Après quelques comédies plutôt réussies, cette adaptation de "Stopover", roman publié en 1951 de Carol Ryrie Brink surtout connue pour ses ouvrages pour la jeunesse (Caddie Woodlawn, 1935), annonce en effet cette formidable série qui vaut encore aujourd'hui au réalisateur sa réputation internationale. Deuxième des dix collaborations (dont le point ultime et culminant sera Imitation of Life six ans plus tard) avec l'ancien acteur reconverti en producteur Ross Hunter, ce drame socio-familial réunissait pour la seule fois le couple Barbara Stanwyck-Richard Carlson, à l'affiche séparément de pas moins de trois autres films en 1953.
 - film - 11149_9
Artiste de médiocres spectacles de vaudeville à Chicago, Naomi Murdoch reçoit un soir une lettre inattendue. Sa fille cadette Lily, qu'elle n'a pas revue depuis son départ du domicile conjugal près de vingt ans plus tôt, l'invite à la représentation théâtrale, dans laquelle elle tient le rôle-titre, organisée à l'occasion de la fin de la scolarité. Malgré une certaine appréhension, Naomi retourne donc dans la petite ville de Riverdale (Wisconsin) où elle retrouve, au plus grand étonnement de ses membres, la petite famille qu'elle a abandonnée. Son époux Henry, proviseur bientôt promu, son aînée Joyce, fiancée à Russ le fils du notable colonel Underwood, qui se montre d'emblée hostile, Lily qui adule la prétendue illustre comédienne en espérant tant suivre son exemple et le jeune Ted qui sert de parfois commis au commerçant Dutch Heineman, l'ex-amant de Naomi. Sans oublier la complice Lena, vieille cuisinière viennoise engagée à l'époque par le jeune couple Murdoch.
 - film - 11149_13
"... D'un amour que je croyais perdu avec mes espoirs." D'une grande concision (le métrage ne fait qu'environ soixante-quinze minutes), All I Desire recèle pourtant une incroyable densité narrative. Le scénario adapté par Robert Blees (Magnificent Obsession), James Gunn (à ne pas confondre avec l'auteur de science-fiction homonyme) et l'écrivain viennois Gina Kaus* (tous deux collaborateurs successifs de Robert Wise notamment) offre il est vrai, avec une authenticité non feinte, son lot de bouleversements essentiels, incidents et émotionnels. Cette histoire de rédemption, fondée sur le thème de l'image et dont le décor se situe dans une paisible localité provinciale, se voit néanmoins sublimée par l'intelligence et la finesse de Douglas Sirk à mettre ainsi en scène des acteurs aussi talentueux que l'incomparable Barbara Stanwyck et le "polymorphe" Richard Carlson (qui venait de s'illustrer dans un western et deux films de science-fiction dont It Came from Outer Space). Sans oublier les excellents seconds rôles, la comédienne Marcia Henderson (récente interprète de Wendy dans une version de "Peter Pan" montée à Broadway), Lori Nelson (Bend of the River) et Maureen 'Jane' O'Sullivan... que l'on ne présente plus. Ou encore la Berlinoise Lotte Stein, vue chez Hitchcock, sur laquelle repose la légère touche de comédie dans un personnage sûrement proche sur le plan affectif de Sirk. Un peu à l'ombre des chefs-d'œuvre du genre traditionnellement répertoriés dans la filmographie du cinéaste, cette pépite ne doit surtout pas être négligée !

___
*dont les ouvrages furent brûlés par le régime nazi.


Répondre

CinémaThere's Always Tomorrow
Etats-Unis
Drame
Réalisateur :
Douglas Sirk

Scénaristes :
Ursula Parrott (auteur)
Bernard C. Schoenfeld

Producteur :
Ross Hunter

Compositeurs :
Heinz Roemheld
Herman Stein

Directeur de la photographie :
Russell Metty

Société de production :
Universal International Pictures

Acteurs :
Barbara Stanwyck (Norma Miller Vale)
Fred MacMurray (Clifford Groves)
Joan Bennett (Marion Groves)
William Reynolds (Vincent 'Vinnie' Groves)
Pat Crowley (Ann)
Gigi Perreau (Ellen Groves)
Jane Darwell (Mrs. Rogers)
Race Gentry (Bob)
Myrna Hansen (Ruth)
Judy Nugent (Frances 'Frankie' Groves)
Paul Smith (Bellboy)
Helen Kleeb (Miss Walker)

...

13/08/2008
01/12/2009
Première sortie mondiale : 1956
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 27 octobre 2008
Note du film : 6/6

"Pourquoi tant exiger sans rien donner en retour ?"

 - film - 52700_3
Sorti seulement deux mois après All That Heaven Allows, There's Always Tomorrow explore une autre facette, assez dissemblable et infiniment moins lyrique, du sentiment amoureux et de la complexe relation de couple(s)... en un mot : du bonheur. Ce second film de Douglas Sirk avec Barbara Stanwyck se présente même comme la figure mélodramatique inverse du précédent film tourné avec l'actrice native de Brooklyn. Adapté d'un roman d'Ursula Parrott déjà porté à l'écran pour Universal par le Britannique Edward Sloman en 1934, il est aussi l'une des moins célébrées de ses productions(1), peut-être en raison de l'inhabituelle simplicité directive et formelle qui le caractérise.
 - film - 52700_7
Los Angeles. Patron d'une prospère entreprise de jouets, Cliff(ord) Groves a organisé, à son insu, la soirée d'anniversaire de son épouse Marion. Son enthousiasme et sa détermination lui ont permis de trouver deux places d'un spectacle musical où il compte l'emmener après un dîner en tête à tête. Mais sa chère et exemplaire moitié doit accompagner leur fille cadette Frankie au ballet dans lequel elle doit se produire. De leur côté, Ellen part dormir chez sa camarade Gloria et l'aîné Vinnie sort avec sa petite-amie Ann. Laissé seul chez lui, Groves tente vainement de se consoler avec le goulasch préparé par la cuisinière Mrs. Rogers lorsque retentit la sonnerie de la porte d'entrée. Venue de New York pour son travail, la styliste Norma Miller Vail rend une visite impromptue à son vieil ami et ex-collègue, perdu de vue depuis vingt ans. Tout à la joie de ces inattendues retrouvailles, Groves propose à Norma de profiter des deux places de théâtre qu'il possède. A l'entracte, Norma convainc Groves de lui faire visiter sa société où ils évoquent de vieux souvenirs. Celui-ci a prévu d'emmener Marion à Palm Valley pour un week end en amoureux. Une entorse à la jambe de Frankie contrarie à nouveau ce projet et contraint Groves à partir seul pour rencontrer Mr. Andrew, un bon client propriétaire d'un grand magasin à San Francisco. Il retrouve Norma qui se repose dans le luxueux hôtel au milieu du désert où il est descendu après qu'elle y ait tenu une importante réunion d'affaires. Ils passent ensemble d'agréables moments avant d'être surpris, sans le savoir, par Vinnie en escapade avec Ann et un couple d'amis.
 - film - 52700_11
Précédé par l'admirable A Letter to Three Wives de Mankiewicz, cet opus de Douglas Sirk renouvelle à sa manière (et en noir et blanc !) la longue tradition du drame conjugal à la sauce hollywoodienne dans laquelle s'inscrit par exemple le Dodsworth de William Wyler**. Fable réaliste et un peu moraliste sur les a priori (idées reçues), le sacrifice, la maturité et, bien sûr, encore le bonheur, There's Always Tomorrow signé par Bernard C. Schoenfeld (Caged) se distingue de la précédente version en particulier par l'élimination de la poignante différence d'âge qui séparait les deux personnages principaux. Sirk et ses fidèles collaborateurs Russell Metty (photographie) et Alexander Golitzen (direction artistique) traduisent avec une remarquable pertinence cette diffuse opposition entre apparences et vérité (allusion est faite à An American Tragedy de Theodore Dreiser) par une brillante alternance d'ombre et de lumière. Le récit n'atteint toutefois sa pleine dimension dramatique et cinématographique que grâce à la magistrale performance de Barbara Stanwyck, éclipsant légèrement celle de son partenaire Fred MacMurray, qu'elle retrouvait pour la quatrième et ultime fois(3), pourtant titulaire du rôle central. Il faut aussi et enfin souligner la solidité du jeu des jeunes acteurs, Pat Crowley ("Golden Globe" du meilleur espoir féminin 1954 pour Forever Female), William Reynolds, second rôle dans Has Anybody Seen My Gal? aux côtés de Gigi Perreau avec lesquels Sirk avait tourné respectivement à une et deux reprises auparavant.

___
1. néanmoins programmée dans le cadre de la rétrospective consacrée à Sirk en 2005 par la Cinémathèque française.
2. un sujet particulièrement fertile ensuite en Europe, développé notamment par La Notte d'Antonioni et Scener ur ett äktenskap de Bergman.
3. après Remember the Night de Mitchell Leisen, l'excellent Double Indemnity de Billy Wilder et The Moonlighter de Roy Rowland.


Répondre

CinémaInterlude
Etats-Unis
Drame
Réalisateur :
Douglas Sirk

Scénaristes :
James M. Cain (histoire)
John M. Stahl (préc. film)
Inez Cocke
Franklin Coen
Daniel Fuchs
Dwight Taylor

Producteur :
Ross Hunter

Compositeur :
Frank Skinner

Directeur de la photographie :
William H. Daniels

Société de production :
Universal International Pictures

Acteurs :
June Allyson (Helen Banning)
Rossano Brazzi (Tonio Fischer)
Marianne Koch (Reni Fischer)
Françoise Rosay (la comtesse Reinhart)
Keith Andes (le dr Morley Dwyer)
Frances Bergen (Gertrude Kirk)
Lisa Helwig
Herman Schwedt (Henig)
Anthony Tripoli (le dr Smith)
John Stein (le dr Stein)
Jane Wyatt (Prue Stubbins)

17/11/2007
01/11/2008
Première sortie mondiale : 1957
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 30 octobre 2008
Note du film : 3/6

"Ce jour-là j'ai su que si l'on attend, si l'on espère, on obtient ce que l'on veut."

 - film - 50222_4
Nul ne savait en 1957, peut-être pas même lui, que Douglas Sirk allait bientôt mettre un terme à sa carrière hollywoodienne. Mais, bien avant de songer à adapter le pénultième roman de son compatriote Remarque, le cinéaste natif de Hambourg souffre-t-il probablement déjà de son trop long éloignement de la vieille Europe*. Lorsque Universal lui donne à nouveau l'occasion de réaliser le remake très libre d'un film de John Malcolm Stahl (When Tomorrow Comes, 1939), version de Cendrillon modernisée par le célèbre auteur de polars James Mallahan Cain, Sirk part le tourner en Allemagne et en Autriche. June Allyson et Rossano Brazzi (le Bolonais venait de s'illustrer aux côtés de Katharine Hepburn dans un Summertime de David Lean assez similaire) sont choisis pour reprendre respectivement les rôles tenus avant eux par Irene Dunne et le Français Charles Boyer.
 - film - 50222_9
Venue de Washington pour travailler à la mission culturelle du consulat étasunien à Munich, Helen Banning est rapidement l'objet d'une cour discrète mais assidue de la part du jeune docteur Morley Dwyer, un ami de sa famille installée à Philadelphie. Un jour qu'elle accompagne sa supérieure Prue Stubbins dans une salle où un concert va être donné à l'initiative de son département, Helen est amenée à suivre chez lui l'imprévisible chef d'orchestre Tonio Fischer, appelé en plein milieu d'une répétition, pour s'assurer de la tenue effective du spectacle. Elle y est reçue rapidement et sèchement par le musicien, obligeant la comtesse Reinhart, hôte et parente par alliance de Fischer, à excuser ce comportement dû à de graves préoccupations personnelles. Le soir du concert, Fischer, pour se faire pardonner, propose de raccompagner Helen chez elle et se montre très aimable. Celle-ci le croise peu après à l'occasion d'une manifestation organisée au château de Nymphenburg. Fischer est sur le point de partir pour Salzbourg et l'invite se joindre à lui. Il ne rencontre pas de difficulté à vaincre les faibles réticences de la jeune femme sensible à son charme.
 - film - 50222_11
"Je suis l'écrivain américain le plus lu, le plus mal commenté et le moins compris" déclarait volontiers James M. Cain. Ce qui s'avère carrément excessif, pour ne pas dire erroné concernant Double Indemnity, Mildred Pierce ou The Postman Always Rings Twice pourrait ici avoir une certaine justification. Si le drame sentimental de John M. Stahl possédait quelques arguments (pas seulement scénaristiques et sonores !!), Interlude mérite bien pour sa part son intitulé original**. Cette bluette semble presque incongrue dans la filmographie de Douglas Sirk, surtout comparée aux productions qui l'entourent. L'investissement du réalisateur s'avère en effet, de son propre aveu, très en retrait tant sur la plan de l'implication dans le scénario que sur celui de la mise en scène. Méritoire chez un cinéaste moins estimable, par exemple le Britannique Kevin Billington qui, en guise de premier film, réalisera onze ans plus tard un second remake. Pas chez le "maître du mélodrame flamboyant" (appellation décernée en toute modestie par J.M. Cain à ses ouvrages).

___
*en 1949, une tentative de retour en Allemagne, en partie motivée par des motifs familiaux, s'était alors soldée par un échec.
**divertissement destiné à faire patienter les spectateurs, courte pièce musicale intercalée entre deux compositions plus importantes.


Répondre

CinémaThe Tarnished Angels
Etats-Unis
Drame
Réalisateur :
Douglas Sirk

Scénaristes :
William Faulkner (auteur)
George Zuckerman

Producteur :
Albert Zugsmith

Compositeurs :
Frank Skinner
Henry Mancini (non crédité)
Herman Stein (non crédité)

Directeur de la photographie :
Irving Glassberg

Société de production :
Universal International Pictures

Acteurs :
Rock Hudson (Burke Devlin)
Robert Stack (Roger Shumann)
Dorothy Malone (LaVerne Shumann)
Jack Carson (Jiggs)
Robert Middleton (Matt Ord)
Alan Reed (le colonel T. J. Fineman)
Alexander Lockwood (Sam Hagood)
Christopher Olsen (Jack Shumann)
Robert J. Wilke (Hank)
Troy Donahue (Frank Burnham)
William Schallert (Ted Baker)
Betty Utey (la danseuse)

...

avant le 21/11/2004
03/11/2008
Sortie en salles en France : 16 juillet 1958
Première sortie mondiale : 1958
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 2 novembre 2008
Note du film : 6/6

"The blind man isn't blind."

 - film - 9492_8
Second film de Douglas Sirk produit par l'ancien juriste Albert Zugsmith (The Incredible Shrinking Man, Touch of Evil), The Tarnished Angels est une libre adaptation également signée par George Zuckerman du roman "Pylon" de William Faulkner, publié en 1935. Un ouvrage aux vertus probablement exutoires pour le "Prix Nobel" de littérature (1949) et bientôt double "Prix Pulitzer" (1955 & 1963) qui, à vingt ans, s'était rêvé héros de la Première Guerre mondiale au sein de l'aviation canadienne. Pour ce drame où l'amitié, la frustration amoureuse et l'alcool, élément récurrent chez l'ami d'Howard Hawks, sont aussi au cœur du récit, le réalisateur met à nouveau en scène trois des principaux interprètes de Written on the Wind* auxquels s'ajoute le solide second rôle canadien Jack Carson (Mildred Pierce).
 - film - 9492_10
Burke Devlin, journaliste au "Times-Picayune" de La Nouvelle-Orléans, compte profiter du meeting aérien qui doit avoir lieu dans la ville pour rédiger un article consacré à l'ancien capitaine Roger Shumann, devenu un as de la chasse au sein de l'escadrille Lafayette au cours de la guerre de 1914-18. Ce dernier utilise désormais sa talentueuse audace pour gagner quelques centaines de dollars grâce à des courses aux pylônes comme celle organisée par le colonel T.J. Fineman. Devlin offre à l'hospitalité de sa modeste chambre au fameux pilote, à sa jolie épouse Laverne et leur jeune fils Jack ainsi qu'à son acolyte et mécanicien Jiggs. Rentré chez lui au milieu de la nuit, Devlin découvre Laverne sur le canapé plongée dans un vieux roman, profitant du sommeil de ses hommes dans la chambre à coucher.
 - film - 9492_14
Mise en confiance par le journaliste, la jeune femme lui raconte son coup de foudre pour Shumann, son engagement à ses côtés comme parachutiste puis son mariage, mis en jeu aux dés par l'aviateur avec Jiggs. Le jour suivant, Devlin, viré par son rédacteur pour avoir refusé de s'intéresser à la candidature du sénateur Griffin contre le républicain Hoover, se rend sur la plage pour assister à la première course du programme. Dans le dernier virage de celle-ci, un aile de l'avion appartenant à l'entrepreneur Matt Ord et piloté par le jeune champion Frank Burnham percute l'appareil de Shumann. Le premier ne survit pas au terrible accident, le second sort indemne de son biplan détruit. Shumann doit à présent trouver coûte que coûte un nouvel avion pour disputer la course du lendemain.
 - film - 9492_17
"Roger's thoughts never come down to earth." Situé implicitement juste avant la grande dépression de 1929 (l'action se déroule d'ailleurs symboliquement au cours d'un Mardi gras, clôture des jours dits charnels précédant le Carême), The Tarnished Angels développe d'étranges et profondes saveurs mélancoliques, parfois sur un mode assez proches de celui du film-noir. Sur fond de perte de l'innocence et des illusions, le désir et la torture vécus par des personnages assez peu angéliques, tentant maladroitement d'échapper à cette fatalité qui les effraie (une utopie faulknérienne), restent durablement énigmatiques. L'auteur d'"Absalom, Absalom!" semble également sonner le glas de l'héroïsme authentique, de la tradition migratoire et de l'esprit pionnier américains (la lecture par Laverne du "My Ántonia" de Wilella Sibert Cather n'est à ce titre pas anodine). Si l'empreinte de Douglas Sirk se révèle ici moins sensible, la qualité d'interprétation de Dorothy Malone et de Robert Stack, sur des registres opposés, mérite d'être soulignée. Celle de Rock Hudson, dans son huitième et ultime film pour le réalisateur, sans être décevante se montre légèrement en retrait.

___
*Lauren Bacall, vedette aux côtés de Bogart de deux fameuses adaptations de polar co-signées par Faulkner, tournait la même année The Gift of Love de Negulesco avec Robert Stack.


Répondre

Critique DVD

Jaquette du DVD Coffret Collector D. Sirk 8 DVD : Veillée d'amour / All I Desire / Demain est un autre jour / Les Amants de Salzbourg / La Ronde de l'aube
Zone 2, France
Editeur : Carlotta Films
Sortie : 5 novembre 2008

Format vidéo : 16/9
Audio : Anglais (DD 2.0 Mono)
Sous-titres : Français
Suppléments :

  • Bande-annonce
  • Documentaire
  • Interview

Les sérigraphies des DVD 7 et 8 ont été inversées (le film se trouve sur le 8, les suppléments sur le 7).

Note technique : 6/6

Image & son :
"All I Desire" : (4/3) qualitativement très comparable celle de l'édition zone 1 Universal sortie en octobre 2005, l'image est propre mais manque d'un soupçon de finesse à la fois dans la définition et les contrastes. Piste originale monophonique satisfaisante.
"Demain est un autre jour" : (16/9) des caractéristiques techniques sensiblement identiques.
"Les Amants de Salzbourg" : (16/9) l'image bénéficie d'une efficace restaurations redonnant au Technicolor presque toute sa vivacité originelle. Piste originale monophonique très convenable.
"La Ronde de l'aube" : (16/9 - v.o.s.t. & v.f.) une image en noir et blanc propre et joliment nuancée. La piste originale monophonique s'impose, dans la mesure du possible, à la v.f. légèrement étouffée et au doublage un peu décevant.

Suppléments :
Bande-annonce : (4/3 - v.o.s.t.) issue d'un contretype standard nitrate.

DVD 2 : (au format 4/3)

 - film - 11149_15
"All I Desire" : présentation et analyse dialoguées entre J.-L. Bourget & P. Berthomieu (20'53).
Le jeu naturel : (2008 - 24'59 - v.o.s.t.) interview de Billy Gray, interprète de Ted, qui évoque sa scène finale avec B. Stanwyck, ses souvenirs et impressions après avoir revu récemment le film, son expérience de jeune acteur à Hollywood dans les années 1940-50 et commente quelques scènes où il apparaît.
Quelques jours avec Sirk : (60'39 - chapitré - v.o.s.t.) très intéressant document réalisé en avril 1982 par P. Thomas chez D. Sirk à Lugano et à Genève (Suisse), précédé d'une brève introduction entre le cinéaste et le critique Dominique Rabourdin et conclut par un court discours de présentation du "Temps d'aimer, le temps de mourir" par le réalisateur avant sa projection. Illustré par des extraits de films.

DVD 3 :
Bande-annonce : (4/3 - v.o.s.t.) issue d'un contretype standard safety.

DVD 4 :

 - film - 52700_14
"Demain est un autre jour" : présentation et analyse dialoguées entre J.-L. Bourget & P. Berthomieu (4/3 - 25'03).
Tant d'années après... : (2008 - 16/9 - 22'35 - v.o.s.t.) souvenirs et commentaires de Pat Crowley (Ann) et Gigi Perreau (Ellen)'' interrogées séparément.
Perspectives sur la famille américaine : (2008 - 16/9 - 25'16 - v.o.s.t.) interview de la réalisatrice Allison Anders à propos de certains aspects et enjeux du scénario.

DVD 5 :
Bande-annonce : (4/3 - v.o.s.t.)

DVD 6 :

 - film - 50222_12
"Les Amants de Salzbourg" : présentation et analyse dialoguées entre J.-L. Bourget & P. Berthomieu (4/3 - 23'01).
Meurs et deviens : (4/3 - 24'29) analyse culturelle, thématique et transversale de Jean Douchet lues en voix off sur des extraits de films.
Au-delà du mélodrame : (2008 - 16/9 - 13'18 - v.o.s.t.) interview de Kathryn Bigelow à propos de D. Sirk.
"Veillée d'amour" : (1939 - 4/3 - 87'49 - v.o.s.t.) film original de John M. Stahl avec I. Dunne et C. Boyer.

DVD 7 :
Bande-annonce : (4/3 - v.o.s.t.)

DVD 8 :

 - film - 9492_18
"La Ronde de l'aube" : présentation et analyse dialoguées entre J.-L. Bourget & P. Berthomieu (4/3 - 25'05).
Faulkner/Sirk, la défaulknérisation du "Pylône" : (16/9 - 24'55) par l'enseignante en cinéma Marguerite Chabrol.
Le cercle infernal : (16/9 - 28'29 - v.o.s.t.) intéressants commentaires sur le film et ses acteurs par l'auteur et cinéaste Bill Krohn. Illustré par des images d'archives et du film.
Parlons du spectacle : (16/9 - 18'11 - v.o.s.t.) interview du comédien et acteur William Schallert ("Dans la chaleur de la nuit") à propos de sa carrière, de D. Sirk et du film où il tient le rôle de Ted Baker.
Jouer pour D. Sirk : (1980 - 4/3 - 22'27 - v.o.s.t.) "D. Sik, über stars" extrait de l'émission de la télévision allemande ZDF dans laquelle D. Sirk parle de ses acteurs, D. Malone, R. Stack, R. Hudson et le producteur A. Zugsmith évoquent le réalisateur et les deux films auxquels ils ont collaboré avec lui. Introduction et interventions de la réalisatrice Allison Anders.

AlHolg

Valid XHTML 1.0!

Hit-Parade
Installez Firefox
Location DVD online
Louer vos films sur internet
en DVD, VOD ou Blu-ray
Louer DVD online
Accueil - Version haut débit

Page générée en 0.33 s. - 29 requêtes effectuées

Si vous souhaitez compléter ou corriger cette page, vous pouvez nous contacter.