"... Une blessure qui fait le lien entre deux lignes du temps"

n'avait été, à juste titre, récemment autant fréquenté ! Pour son premier long métrage, Juan Antonio Bayona
réussit le tour de force (et peut-être d'écrou, nous y reviendrons) de signer l'un des meilleurs films de genre de ces dix ou quinze dernières années... voire davantage. Dès son projet, le sagace et surbooké Guillermo Del Toro
avait mesuré le formidable potentiel du scénario élaboré par Sergio G. Sánchez
au point de vouloir le produire. Encore fallait-il ne pas trahir, en la mettant en scène, cette subtile histoire qui résout le temps et les âges. En compétition pour la "Caméra d'or" de la Semaine de la critique 2007, El Orfanato
est devenu le plus grand succès espagnol de tous les temps, glanant dans la foulée une jolie moisson de récompenses* avant d'être proposé (sans être retenu) pour représenter l'Espagne dans la catégorie "meilleur film en langue étrangère" aux 80e Academy Awards.


et Jaume Balagueró
n'y étaient pas véritablement parvenus. Avec ce coup que l'on peut qualifier d'essai, Juan Antonio Bayona
fait d'emblée preuve d'une réelle capacité à adapter un récit complexe, parfois tortueux mais toujours intelligible, ainsi que d'une étonnante maîtrise dans la réalisation. Quelque part entre The Innocents
et The Haunting
, avec d'évidentes influences (ibériques) issues des productions de Saura
ou de Guillermo Del Toro
, El Orfanato
oppose et réconcilie, sans artifice ni démonstration, la réalité et la croyance, la culpabilité et la souffrance. A l'exception de sporadiques moments percutants, le scénario opte judicieusement pour une tension et une menace suggérées comme d'ailleurs pour une vérité qui semble en permanence se dérober. La remarquable interprétation, pleine et nuancée, de Belén Rueda
(partenaire de Javier Bardem
dans Mar adentro
), éclipse un peu celle des seconds rôles sans toutefois nuire significativement à l'équilibre général du film. Bayona
a placé bien haut la barre de sa future... transformation !
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*parmi lesquelles six "premis" barcelonais, deux récompenses dont le "Grand prix" au Fantastic'Arts, sept "Goya" et deux trophées au Fantasporto.