"Don't be afraid, we won't kill muslims (even if they are american)."*

, l'intéressant second film de Stephen Gaghan
, investiguait les intrigues affairistes et diplomatiques entre les Etats-Unis et les monarchies pétrolifères du Golfe, la quatrième réalisation pour le cinéma du polyvalent Peter Berg
mise davantage sur ses scènes d'action pour séduire un public surtout attiré par les cascades et la pyrotechnie. Une séduction toute relative puisque les recettes de cet important projet porté par Michael Mann
et Scott Stuber (co-président chargé de la production chez Universal
), n'ont que faiblement dépassé** le budget de 70M$ dont il était doté.

(le frère de Joe
et également scénariste du récent Lions for Lambs
) nous fait aussitôt entrer dans le vif d'une l'action inspirée par les dramatiques attentats d'al-Khobar (juin 1996) et de Riyad (mai 2003). Las, entre manipulations politiques, soif de vengeance et choc de civilisations, The Kingdom
perd un peu de son unité et de sa consistance, le spectateur se trouvant même malmené par l'afflux débridé d'informations audiovisuelles et par une réalisation frénétique (pour ne pas dire chaotique !) simulant le réalisme du reportage de guerre. Le script, quasiment aménagé autour des seules séquences d'action, apparaît alors largement schématique et maladroit, notamment sur les essentiels enjeux humains et culturels qu'il néglige. Relativement efficace et (doit-on le dire ainsi ?) divertissant, The Kingdom
ne prête en revanche pas à réfléchir et ne nous apprend pas grand chose.
Note ajustée : 3,5/6
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*affirmation lancée par un des terroristes de l'attentat d'al-Khobar à l'une de leurs victimes potentielles.
**près de 48M$ aux States et 39M$ à l'étranger, soit le moins performant des trois films de Berg
et des quatre de Jamie Foxx
tournés pour le studio.