"Nous n'existons pas aux yeux des autres."

ou Apichatpong Weerasethakul
, ont fait leurs classes aux Etats-Unis. Et le succès international du Sud pralad
de ce dernier n'a, par exemple, rien à envier à celui d'un Ong-bak
. Le film d'horreur n'est pas en reste puisque, dans le sillage du Nang Nak
de Nonzee Nimibutr
également auteur de l'un des segments du pan-asiatique San geng
, il compte parmi ses principaux animateurs les frères Pang
d'origine hong-kongaise et le duo Banjong Pisanthanakun
-Parkpoom Wongpoom
. Sorti entre Shutter
et Alone
, Dek hor
est le premier vrai** long métrage du trentenaire Songyos Sugmakanan
. Une histoire, aux connotations vaguement autobiographiques, d'enfance et de fantômes saluée par le jeune public à Deauville, Berlin et Cannes.

réussit ce délicat mariage, mais souvent si pertinent (au moins depuis Les Disparus de St-Agil
jusqu'au récent El Laberinto del fauno
), entre enfance et fantastique. Son intrigue prend cependant du temps pour se nouer et se tendre, utilisant pour cela, de manière parfois immodérée, le procédé du flash-back. Moins percutant que Io non ho paura
, moins poétique et formellement abouti qu'Innocence
, il atteint néanmoins sa cible, celle d'émouvoir plus que réellement effrayer, avec ce récit du passage de l'enfance à l'adolescence. Songyos Sugmakanan
, lui aussi placé contre son gré dans un pensionnat par son père, y développe les thèmes de l'abandon, de l'éveil de la sexualité, de la révélation de la mort et de la tentation fantasmatique de commun(icat)ion entre esprits. Il réalise également avec Niramol Ross, sa directrice de la photographie (collaboratrice de Pisanthanakun
-Wongpoom
), un joli travail visuel en opposant méthodiquement la foule à la solitude, les espace occupés et vides. Si l'on s'affranchit provisoirement de nos a priori occidentaux et passe sur les quelques maladresses de mise en scène***, Dek hor
se révèle une bonne surprise.
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*successivement avec un cycle dédié au cinéma thaïlandais proposé par Arte puis par la Cinémathèque française en juin et septembre 2006 auquel s'ajoute la rétrospective consacrée aux années 1970 par le Festival d'Amiens en novembre.
**Fan chan était une œuvre collective, réalisé avec ses camarades d'université.
***notamment de continuité. En revanche le remake très partiel de la comédie horrifique hong-kongaise Geung si sin sang
inséré dans le métrage est assez bluffant !.