"First thing David had to fight was his own fear."

. In the Valley of Elah
s'inspire pourtant d'une histoire véridique, celle du soldat Richard Davis révélée en mai 2004 par Mark Boal dans un article intitulé "Death and Dishonor" paru dans le magazine "Playboy". La réputée plus grande démocratie et puissance militaire de la planète (comme d'ailleurs la plupart de ses alliés) ne sait visiblement pas gérer les conséquences des conflits dans lesquels, à tort ou à raison, elle s'engage, notamment ces PTSD (Post Traumatic Stress Disorder) qui ont alimenté nombre de scénarii hollywoodiens ou indépendants avant celui-ci. Sélectionné à la 64e Mostra Venise, In the Valley of Elah
y était en compétition avec le docu-fiction Redacted
de Brian De Palma
, lui aussi consacré à la guerre en Irak, pour le "Lion d'or" 2007.

dressait déjà un portrait assez peu flatteur des Etats-Unis dirigés alors par la première administration Bush. Mais le "meilleur film US de l'année 2005" recelait suffisamment d'éléments positifs et de motifs d'espoir pour recevoir l'adhésion d'un large public. Avec le confortable renouvellement du mandat présidentiel et, ipso facto, de l'impasse liée à la présence militaire en Irak, les productions cinématographiques, fictions ou documentaires, sur le sujet se sont multipliées**. Après avoir abandonné un projet d'adaptation (repris par Redford
), pour Columbia
, d'Against all Enemies (Inside America's War on Terror - What Really Happened ), l'ouvrage critique publié en mars 2004 de Richard A. Clarke
, ancien responsable de la cellule anti-terrorisme à la Maison Blanche, Paul Haggis
retient donc le fait divers relaté par Mark Boal. Ce matériau narratif est très adroitement utilisé et mis en scène, le scénariste-réalisateur réussissant en particulier à lui donner une dimension quasi tragique et une portée plus large. On retrouve à nouveau ici cette collision entre apparence et réalité qui caractérisait déjà la précédent film et semble être un des motifs essentiels du cinéaste. In the Valley of Elah
, dominé par la forte prestation de Tommy Lee Jones
, qui aurait pu (dû !) lui valoir un "Oscar" (dans un rôle initialement destiné à Clint Eastwood
avec lequel Haggis
a collaboré à plusieurs reprises et qui l'a aidé à monter son projet) et celle, également solide, de Charlize Theron
, restera un saisissant (et symbolique) appel intérieur de détresse d'une nation qui, prétendument pour se protéger et/ou sauver le monde, n'hésite pas à sacrifier ses propres "enfants".
Note ajustée : 4,5/6
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*les recettes domestiques de cette production Warner
n'ont pas dépassé 6,7M$ (auxquelles s'ajoutent les 20,8M$ réalisés à l'étranger) ; le film a disparu après deux semaines dans le top ten du box-office français, n'attirant que 333 000 spectateurs.''
**outre le film déjà cité pour lequel De Palma
a reçu un "Lion d'argent", mentionnons notamment Why We Fight
, The War Tapes
, Lions for Lambs
2007, Battle for Haditha
, Grace is Gone
, Stop-Loss
ou encore The Hurt Locker
.