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Critique Films

CinémaSisters
Etats-Unis
Thriller
Réalisateur et scénariste :
Brian De Palma

Scénariste :
Louisa Rose

Producteur :
Edward R. Pressman

Compositeur :
Bernard Herrmann

Directeur de la photographie :
Gregory Sandor

Acteurs :
Margot Kidder (Danielle Breton/Dominique Blanchion)
Jennifer Salt (Grace Collier)
Charles Durning (Joseph Larch)
William Finley (Emil Breton)
Lisle Wilson (Phillip Woode)
Barnard Hughes (Arthur McLennen)
Mary Davenport (Mrs. Collier)
Dolph Sweet (lé detective Kelly)

avant le 21/11/2004
24/08/2008
Première sortie mondiale : 1973
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 19 août 2004
Note du film : 3/6

"Tout ira bien."

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En 1972, Brian De Palma possède déjà le scénario de Sisters* depuis plusieurs années. Il en a eu l'idée en découvrant l'histoire de siamoises russes, Masha et Dasha**, dans une édition de "Time Magazine" de 1966. Entre temps, la Warner lui a proposé de diriger une comédie, Get to Know Your Rabbit, avec Tom Smothers et Orson Welles dans un de ses seconds rôles de la fin de sa carrière. Le rêve hollywoodien du jeune réalisateur semble prendre corps. Il va rapidement se transformer en cauchemar. Habitué à travailler en totale autonomie, De Palma accepte mal le contrôle permanent des producteurs exécutifs. De plus, il s'oppose avec le scénariste et l'acteur principal. Il est remercié sans ménagements par le studio. Le film lui est toujours crédité, mais plusieurs séquences ont été tournées par un exécutant et il n'a pas participé à la phase de montage. A trente-deux ans, De Palma, dont la réputation est fortement ternie, renonce à toute nouvelle expérience à Hollywood. On sait qu'il y fera un retour en 1982, en acceptant la proposition d'Universal de tourner un remake de Scarface. C'est avec la production indépendante et la réalisation de Sisters qu'il va, pour l'heure, poursuivre son parcours et sortir de la période la plus sombre de sa carrière.
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... (suite du résumé de la fiche-film) De retour à l'appartement, Woode dépose délicatement le gâteau et un grand couteau sur le lit où Danielle (?) dort encore. Celle-ci se réveille et, sans raison, le poignarde à plusieurs reprises. Avant de mourir, la victime s'approche d'une fenêtre et une voisine, Grace Collier (Jennifer Salt), est le témoin de son agonie. Grace est journaliste dans un journal de troisième plan. Elle appelle la police et se rend chez Danielle Breton avec deux inspecteurs. Sur les lieux du crime, (presque) plus aucune trace du meurtre. Emil a fait place nette. Grace trouve le gâteau dans le réfrigérateur et en déduit l'existence d'une Dominique, mais elle tombe en l'emmenant dans le salon et souille le pantalon de l'inspecteur principal. Affaire close pour la police, mais Grace, avec l'aide d'un détective (Charles Durning), décide de mener sa propre enquête. Au risque de mettre sa propre vie en danger.
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Ce premier film non expérimental (quoique !!) de De Palma tient davantage de la farce horrifique que de l'authentique film d'horreur, du polar ou du thriller. Ce qui n'a, en soi et a priori, rien de péjoratif. Sisters a tout de même pris un coup de vieux. Les faibles moyens de la production et les maladresses de sa mise en scène sont visibles dès les premières séquences. Sans parler de la piètre qualité de la prestation des acteurs, en particulier celle de Margot Kidder qui, silhouette et proximité avec le réalisateur mises à part, ne justifie pas sa présence au générique. Seuls William Finley, Charles Durning, à la participation symbolique, et, dans une moindre mesure, Jennifer Salt sauvent le film sur la plan de la comédie. Dommage, car l'intrigue est bonne et le traitement parfois inspiré. Comme Dressed To Kill, Sisters est une histoire de double, mais développée sur un mode moins dramatique, moins sérieux. Les citations au cinéma d'Hitchcock sont, on le sait et il est inutile de le développer, nombreux, de Psycho à Rear Window en passant par Rope. Les "obsessions" de palmiennes sont déjà présentes : voyeurisme (le jeu télévisé du début du film s'appelle "Peeping Toms", à une lettre près le titre du film de Michael Powell dont le personnage principal est un voyeur), science, violence et manipulation, notamment des images. Si on mentionne surtout l'usage du split-screen ou la bande-originale de Bernard Herrmann (pas la plus intéressante du génial compositeur, trop marquée par son modèle de Psycho) pour évoquer Sisters, c'est pourtant la séquence onirique, filmée en noir & blanc et peuplée d'êtres étranges et inquiétants, qui est, me semble-t-il, la plus forte du film.

___
*et celui de Phantom of the Paradise.
**Masha et Dasha Krivoshlyopova, née en janvier 1950 à Moscou étaient attachées l'une à l'autre par la taille, elles avaient en commun les jambes, le système sanguin, les organes de reproduction et la vessie. Elles avaient chacune un coeur, des intestins, une colonne vertébrale, deux bras, un système nerveux. Enlevées à leurs parents dès la naissance, elles seront l'objet de l'expérimentation médicale soviétique. Enfermées pendant un demi-siècle, elles n'auront pour horizon que des hôpitaux, des chambres cellules d'internats pour handicapés et une minuscule chambre d'un hospice pour personnes âgées. Un documentaire français leur a été consacré en 2001, réalisé par Jean-Christophe Rosé. Elles sont décédées en 2003.


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CinémaSisters
Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni
Thriller
Réalisateur et scénariste :
Douglas Buck

Scénaristes :
Brian De Palma (préc. film)
John Freitas

Producteurs :
Alessandro Camon
Cathy Gesualdo
Edward R. Pressman

Compositeurs :
Edward Dzubak
David Kristian

Directeur de la photographie :
John J. Campbell

Acteurs :
Chloé Sévigny (Grace Collier)
Stephen Rea (le dr Philip Lacan)
Lou Doillon (Angelique Tristiana)
Dallas Roberts (Dylan Wallace)
J.R. Bourne (Larry Franklin)
William B. Davis (le dr Bryant)
Gabrielle Rose (le dr Mercedes Kent)
Serge Houde (l\'inspect. Kalen)
Alistair Abell (l\'inspect. Conners)
Colin Chapin (un employé du coffee shop)
Whittni Wright (Celia)
Talia Williams (Lily)

...

19/08/2007
25/08/2008
Première sortie mondiale : 2006
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 12 mars 2008

"Les sales boulots, ça nous connaît."

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C'est en apprenant, en 2001, qu'Edward R. Pressman, le producteur de la version originale du film, nourrissait le projet d'en faire un remake* que naît le souhait de Douglas Buck d'en devenir le réalisateur. Il semble que le partenaire de Terrence Malick ou d'Oliver Stone ait été suffisamment impressionné par les courts métrages du cinéaste pour lui confier le "bébé" en question. Si l'influence d'Hitchcock était manifeste dans le film de Brian De Palma, Buck revendiquait d'emblée celle de Roman Polanski. Tout en conservant la structure générale de Sisters, il en modifie nettement la thématique et la tonalité. Les refus d'Asia Argento** et d'Anna Mouglalis permettent à Lou Doillon de participer à sa première production étasunienne** en reprenant le rôle duel tenu avant elle par Margot Kidder.
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A la clinique Zurvan, vouée à l'étude et au traitement des pathologies rares, la Française Angélique Turner fait la connaissance du jeune docteur Dylan Wallace. La patiente et assistante de longue date du dr Philip Lacan essaie de se libérer de l'influence et du contrôle étroit qu'exerce sur elle son patron, médecin et probable amant. S'opposant aux directives de celui-ci, elle accepte d'être raccompagnée en ville par Wallace. Avant de partir, pendant qu'elle se change, Wallace remarque une longue et vilaine cicatrice sur le flanc de la jeune femme. Arrivée très tard devant l'immeuble où elle habite, Angélique invite son nouvel ami chez elle en lui demandant de ne pas réveiller Annabelle, sa sœur jumelle. Un peu plus tard, alors que les caméras du dr Lancan surveillent l'appartement et que Grace Collier, une reporter du "Village Spectator" intéressée par les activités suspectes de celui-ci, attend dans son véhicule en bas du bâtiment, le couple s'endort enlacé sur le canapé. Levé au cours de la nuit pour se rafraîchir le visage, Wallace est très directement entrepris par celle qu'il croit être Angélique. Le matin, revenu avec un gâteau d'anniversaire destiné aux deux soeurs, Wallace découvre Annabelle agenouillée dans le salon et comprend que c'est à elle qu'il a fait l'amour. Celle-ci se retourne soudainement et le frappe au visage avec ses aiguilles à tricoter puis s'acharne sur lui. Grace, introduite chez Lacan en son absence, se retrouve incidemment témoin du meurtre.
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Le scénario signé par Douglas Buck et son professeur John Freitas, tout en conservant le substrat horrifique de l'original, s'oriente résolument vers des problématiques psychologiques dont le premier est, on le sait, friand. Il gomme aussi la dimension de comédie, une mauvaise nouvelle puisqu'il s'agissait de l'un des (rares) atouts du film de Brian De Palma. On reste assez circonspect au spectacle de cette resucée, même mâtinée d'un peu de moderne et naturelle provocation***. La construction de la narration se montre en particulier singulièrement maladroite (l'incongrue confusion de celle de Sisters pouvait être mise sur le compte de son époque !) et l'interprétation des acteurs sans véritable relief. Si le remake de Buck possède une vertu, c'est probablement celle de donner envie de voir un autre film, Twin Falls Idaho par exemple !

___
*il a, semble-t-il, été un moment question de voir l'acteur Michael Ted Ferris le diriger.
**Asia Argento et Lou Doillon ont depuis partagé l'affiche du dernier film d'Abel Ferrara.
***à base de sexe, de tabac et de clin d'œil critique à l'actuel président des Etats-Unis.


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Critique DVD

Jaquette du DVD Sisters - Coffret Collector 2 DVD : Sœurs de sang / Sisters (sœurs de sang)
Zone 2, France
Editeur : Wild Side Video
Sortie : 26 mars 2008

Format vidéo : 16/9
Audio : Anglais (DTS, DD 2.0 Stereo), Français (DD5.1)
Sous-titres : Français
Suppléments :

  • Bande-annonce
  • Interview
  • Filmographies
  • Galerie photos

Note technique : 5/6

Image & son : le transfert numérique est, dans l'ensemble réussi. Sauf à quelques rares exceptions, la compression reste insensible et les différences de tonalité souhaitées par le réalisateur et son directeur de la photographie sont bien gérées. Les pistes en version originales s'imposent par leur clarté, relief et équilibre ; la valeur ajoutée de la DTS ne se montre pas réellement déterminante.

Suppléments : (tous en v.o.s.t.)

 - film - 48993_16
Petits dialogues entre amis : quand Buck rencontre Cerda (16/9 - 13'22). Seconde partie (la première se trouve dans les bonus de "Abandonnée")'' de l'entretien entre D. Buck et Nacho Cerdà à propos des angoisses et des particularités du métier de réalisateur ainsi que sur des thème plus 'philosophiques".
Les liens du sang : (16/9 - 27'12) interview du réalisateur qui évoque son parcours professionnel avant de faire du cinéma, l'origine et le démarrage du projet, les circonstances de l'engagement de L. Doillon, l'influence visuelle de "Persona" de Bergman, les thèmes sous-jacents du film de B. De Palma, le point G d'Angélique, les attributs perçants de la famille, justification de certains choix, les références aux années 1940 et 1970, l'intérêt pour les gialli, pellicules et vidéo, divergences avec le film de De Palma, thématiques personnelles. Illustré pas des extraits du film.
Filmographies : du réalisateur et des trois acteurs principaux.
Bande-annonce : (4/3)
Album photos : diaporama de 80 photographies de plateau.

AlHolg

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