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Critique Films

CinémaRokudenashi
Japon
Drame
Réalisateur et scénariste :
Yoshishige Yoshida

Producteur :
Kaneo Imaizumi

Compositeur :
Chuji Kinoshita

Directeur de la photographie :
Toichiro Narushima

Société de production :
Shôchiku Kinema

Acteurs :
Masahiko Tsugawa (Jun)
Yusuke Kawazu (Toshio)
Hizuru Takachiho
Junichiro Yamashita (Morishita)
Yosuke Hayashi
Kakuko Chino (Hisako Makino)
Fumio Watanabe
Masao Mishima (Kensaku Kitajima)
Shôji Yasui (Shinichi Makino)
Isao Sasaki (la chanteuse)

16/12/2007
06/04/2008
Première sortie mondiale : 1960
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 1er avril 2008
Note du film : 5/6

"... C'est tout bon ou tout mauvais, l'un ou l'autre."

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Sorti précisément entre les deux derniers volets de la "Trilogie de la jeunesse"(1) de Nagisa Oshima, Rokudenashi, le premier film de Yoshishige Yoshida, participe du courant appelé la Shochiku nuberu bagu. Malgré l'aveu tardif du réalisateur, alors âgé de vingt-sept ans, de l'influence de la "Nouvelle vague" française, ce mouvement cinématographique apparu en 1956 ne constituait en réalité que la simple émergence d'une nouvelle génération de cinéastes mue par la volonté de s'affranchir du carcan des grands studios de production. Notamment en développant des problématiques inusitées ou en abordant de façon moins conventionnelle des thèmes plus classiques.
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A bord de sa belle limousine américaine où ont pris place ses trois acolytes Fujieda, Jun et Morishita, Toshio Akiyama guette Ikuko Makino, la secrétaire de son père. Comme tous les 28 du mois, l'assistante du riche homme d'affaires vient retirer à la banque une forte somme d'argent destinée à son patron. Les quatre étudiants désœuvrés lui proposent de la raccompagner à son bureau et, pour se divertir un peu, simulent le vol de la sacoche de billets. Contrarié d'avoir été comparé à un loup après avoir été traités, lui et ses camarades, de bons à rien, Toshio décide de ridiculiser la jeune femme. Il charge Jun d'aller la chercher à la sortie de son travail afin de l'emmener à une fête organisée à grands frais par ses soins dans un hôtel chic de Tokyo. Avant son arrivée, Toshio fait croire à ses convives qu'elle est une chanteuse revenue au Japon après avoir passé quatre ans en France, liée à Juliette Gréco et à Yves Montand dont elle connaît les répertoires. Une panne de courant déclenchée opportunément par Jun permet à Ikuno d'échapper à son infortune. En guise de remerciements, celle-ci conseille à Jun de cesser de fréquenter Toshio.
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Le désarroi de la jeunesse d'après-guerre, comme dans les films de Nagisa Oshima cités précédemment (en particulier Seishun zankoku monogatari), est évidemment le sujet central de cette première réalisation. A partir d'un scénario original étonnamment maîtrisé et efficace pour une œuvre initiale, Kijû Yoshida prolonge son analyse par une critique sociale à peine voilée. D'abord en réunissant, au sein de la petite bande conduite par Toshio dont le but presque exclusif est de tromper l'ennui, des personnages issus de milieux distincts, donc soumis à des rôles, contraintes et perspectives différenciés. Ensuite en présentant la relation matrimoniale(2), une institution sacrée au Japon, comme une rebutante (réfrigérante !) aliénation. Enfin par la pertinente comparaison faite entre la férocité cynique et néanmoins légitimée du libéralisme économique et celle, seulement tolérée par faiblesse, de jeunes gens livrés à eux-mêmes par des pères obnubilés par l'enrichissement matériel sous le prétexte de la reconstruction du pays. La soif de liberté, alimentée par un détonant mélange de révolte et de désillusion, l'espoir et l'amertume(3) se trouvent intelligemment traduits dans Rokudenashi d'où semblent d'emblée exclus le relatif et le virtuel.

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1. A bout de souffle de Jean-Luc Godard et Tirez sur le pianiste de François Truffaut sont aussi distribués en 1960... année de diffusion également d'Akibiyori, l'antépénultième film d'Ozu.
2. à travers le couple formé par Hisako et Shin'ichi, le frère d'Ikuko.
3. entre lesquels ballote Frankie Machine, le personnage principal du provocant (à son époque) The Man with the Golden Arm d'Otto Preminger dont l'affiche apparaît dans le film.


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CinémaChi wa kawaiteru
Japon
Drame
Réalisateur et scénariste :
Yoshishige Yoshida

Producteur :
Takeshi Sasaki

Compositeur :
Hikaru Hayashi

Directeur de la photographie :
Toichiro Narushima

Société de production :
Shôchiku Kinema

Acteurs :
Keiji Sada (Takashi Kiguchi)
Shinichirô Mikami (Harada)
Mari Yoshimura (Yuki Nonaka)
Masao Oda (Kanai)
Kaneko Iwasaki (Ikuyo)
Asao Sano (Mitsuzawa)
Yuuko Kashiwagi (Yoko)
Takamaru Sasaki
Ichirô Nagai

25/02/2008
05/04/2008
Première sortie mondiale : 1960
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 1er avril 2008
Note du film : 4/6

"Je leur appartiens."

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Trois mois seulement après Rokudenashi, le public japonais pouvait découvrir une nouvelle production de Yoshishige Yoshida. Quoique assez différent du précédent, Chi wa kawaiteru interroge pourtant encore la société nippone, plus particulièrement sur le rôle grandissant qu'y prenaient alors la presse et le marketing dans la (l'in)formation de l'opinion. Tout en renouvelant et en renforçant, au prix certes de quelques incohérences narratives, les arguments sociaux et moraux déjà énoncés, le cinéaste ajoute à son scénario une indubitable dimension politique, ou du moins collective, absente du premier film.
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Dans un geste désespéré pour convaincre la direction de son entreprise de renoncer au plan de licenciement massif annoncé aux salariés, Takashi Kiguchi tente de se suicider. Mais l'intervention de son collègue Kanai détourne le pistolet et l'insignifiant employé, seulement blessé, est hospitalisé pendant une dizaine de jours. Les journaux s'emparent du fait divers, soulignant la totale et surprenante abnégation à l'origine du geste de l'individu. Chargée de publicité à la Shôwa Seimi, une compagnie d'assurance-vie, Nonaka obtient de ses supérieurs l'autorisation de lancer une campagne mettant Kiguchi en vedette. D'abord très réticent, celui-ci accepte finalement cette proposition et devient rapidement populaire. Le siège social de son nouvel employeur arbore bientôt un immense panneau photographique le représentant un pistolet à la tempe tandis que les souscriptions de polices dépassent rapidement les prévisions. Harada, un peu scrupuleux paparazzi du "Japon Hebdo" et ancien amant de Nonaka, veut lui mettre un terme à ce qu'il croit être une supercherie. Contre l'avis et les engagements pris son agent, Kiguchi décide d'honorer l'invitation de prendre la parole au cours d'un meeting du Mouvement pacifiste ouvrier.
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Même si leurs implications et tonalités les distinguent, difficile de ne pas spontanément rapprocher Meet John Doe, le premier film indépendant de Frank Capra, de Chi wa kawaiteru. Presse, chômage, mensonge, manipulation n'alimentent-ils pas les deux scénarii en question ? Mais là où l'amer conte de fée faisait surgir un fictif puis éphémère héros, sorte de caisse de résonance de la démocratie étasunienne, la chronique dramatique de Kijû Yoshida met en scène un personnage réel qui n'échappe jamais à son rôle choisi de victime sacrificielle. Cette réalité n'empêche d'ailleurs pas de laisser planer un doute, dès et à cause de la scène d'ouverture, sur les véritables motivations et la sincérité du geste initial du très humble Kiguchi. Si les media et les entreprises ne sont évidemment pas épargnés par le film, Chi wa kawaiteru suscite surtout l'effroi par la corruption morale quasi généralisée et l'instrumentalisation de toutes les relations, y compris par le sexe, qu'il nous montre.


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CinémaAmai yoru no hate
Japon
Drame
Réalisateur et scénariste :
Yoshishige Yoshida

Scénariste :
Yoichi Maeda

Producteur :
Takeshi Sasaki

Compositeur :
Hikaru Hayashi

Directeur de la photographie :
Toichiro Narushima

Société de production :
Shôchiku Kinema

Acteurs :
Michiko Saga (Soko Mishima)
Masahiko Tsugawa (Jiro Tezuka)
Hiroko Sugita (Masae Oka)
Teruyo Yamagami (Harumi Nishimoto)
Reiko Hitomi (Mitsuko)
Osamu Takizawa (Hondo)
Takamaru Sasaki (Tokkuzaburo Oka)
Sumiko Hidaka (Hisako Noshimoto)
Jun Hamamura (Kenkichi Mishima)
Kei Sato

25/02/2008
06/04/2008
Première sortie mondiale : 1961
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De AlHolg, le 2 avril 2008
Note du film : 4/6

"Vous demandez toujours l'impossible !"

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Dernier film de la période de relative liberté créatrice au sein de la Shochiku, Amai yoru no hate prolonge en quelque sorte Rokudenashi avec lequel il partage certaines thématiques et l'acteur principal. Ce scénario, co-écrit avec le débutant Yoichi Maeda, qui entamera en 1964 une carrière de réalisateur avec la comédie Nippon Paradise, met en scène un personnage néanmoins très différent du Jun du précédent film, version prosaïque du romanesque héros stendhalien Julien Sorel, interprété six ans plus tôt pour Claude Autant-Lara par Gérard Philipe.
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Quitté par sa petite-amie sur le point de se marier, Jirô Tezuka est convié par un ami ingénieur à prendre un verre dans un bar chic. Le modeste vendeur dans un grand magasin propose à la responsable des lieux, Sawako, la fille de son propre patron, de lui présenter une personne pour remplacer l'hôtesse qu'elle vient de perdre. Le lendemain, il retourne en moto dans la misérable cantine où il a dû s'arrêter en raison d'un accident de la route pour y chercher la fille de la commerçante qu'il a brièvement tenté de draguer. Après s'être laissée prier, Harumi Nishimoto accepte le travail et rencontre bientôt Kyôsaku Hondô, le patron de la nouvelle raffinerie installée sur la commune et ami du riche père de Sawako. Séduit par Harumi, l'industriel lui propose d'être son protecteur. De son côté, Tezuka rencontre un soir Masae, la veuve du fils de Tokusaburô Oka, le directeur d'une fonderie en difficulté qu'il raccompagne ivre chez lui.
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La peinture des différences de classes et de l'arrivisme social ne requiert pas forcément la flamboyance des costumes* pour s'exprimer puissamment. Intéressant, Amai yoru no hate ne convainc toutefois pas vraiment. Outre les quelques maladresses scénaristiques qu'il recèle, il déçoit d'abord en raison de l'étoffe réduite de ses personnages, mais aussi parce qu'il semble résister à aller au bout de sa logique narrative, rendant diffuse la charge dramatique et n'exploitant pas le potentiel conflit de générations et, surtout, la brutalité à peine refoulée de Tezuka. L'un des principaux souvenirs laissés par le film reste probablement le visage singulier de Michiko Saga, la fille d'Isuzu Yamada, actrice la même année du Yojimbo de Kurosawa après tourné avec Mikio Naruse, Yasujiro Ozu ou Kenji Mizoguchi.

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*d'un Barry Lyndon, l'une des incontournables références cinématographiques du thème.


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CinémaAkitsu onsen
Japon
Drame
Réalisateur et scénariste :
Yoshishige Yoshida

Scénariste :
Shinya Fujiwara (auteur)

Producteurs :
Masao Shirai
Mariko Okada (exécutif)

Compositeur :
Hikaru Hayashi

Création des costumes :
Mariko Okada

Directeur de la photographie :
Toichiro Narushima

Société de production :
Shôchiku Kinema

Acteurs :
Mariko Okada (Shinko)
Hiroyuki Nagato (Shusaku Kawamoto)
Sumiko Hidaka (Otami)
Asao Koike (Osaki)
Shigeru Kôyama (Tsuda)
Kojiro Kusanagi (Army)
Akira Nagoya (Shimamura)
Masako Nakamura (Harue)
Fukuko Sayo (Osumi)
Tsutomu Shimomoto (le docteur militaire)
Toyoko Takahashi (Geisha)
Eijirô Tono (un prêtre)

...

25/02/2008
05/04/2008
Sortie en salles en France : 2 avril 2008
Première sortie mondiale : 1962
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De AlHolg, le 1er avril 2008
Note du film : 4/6

"... La vie n'est qu'un adieu."

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Avec ce quatrième opus, Yoshishige Yoshida opère un premier tournant dans sa carrière. Première adaptation du cinéaste et premier film en couleur, Akitsu onsen marque également le début de sa longue collaboration avec l'actrice et future épouse Mariko Okada. Tiré du roman de Shinya Fujiwara*, ce drame assurait à Yoshida une audience un peu plus large, posant ainsi les jalons initiaux d'une notoriété, surtout critique, vivace depuis plus de quarante ans, en France notamment.
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Août 1945. Démobilisé, Shûsaku Kawamoto retourne chez lui à Okayama dont il ne reste que ruines et cendres. Parti en train rejoindre sa tante à Tottori, l'ancien étudiant très affaibli décide de s'arrêter en route et de suivre une charitable voyageuse inconnue jusqu'à l'auberge de la station thermale d'Akitsu où elle est employée. Un soir, Shûsaku, en proie à de violentes souffrances, voit une jeune femme se réfugier dans le local lui servant de chambre pour échapper à la colère d'un client. Les tentatives de Shinko, la fille de la propriétaire, pour soulager les répétitifs malaises de Shûsaku sont repoussées avec brutalité avant de constater ensemble qu'ils dissimulaient une tuberculose. Inapte au service militaire et donc privé de prescription thérapeutique, Shûsaku est installé dans l'annexe et soigné par Shinko. Le profond désespoir provoqué peu après chez celle-ci par l'annonce impériale de reddition du Japon donne soudainement au malade un vigoureuse motivation à vivre. Rétabli et rentré à Okayama, Shûsaku se laisse pourtant gagner par la mélancolie et par l'alcool. Il choisit d'aller mourir à Akitsu, proposant à Shinko de l'accompagner pour cet ultime voyage.
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Mélodrame psychologique et climatique un peu froid, Akitsu onsen relate au-delà de la classique et funeste histoire d'amour impossible une erratique recherche de sens fondée elle-même sur une expérience traumatique. L'échec et la trahison constituent les deux ferments essentiels d'un scénario dominé par la fascination presque hypnotique du désastre. Une inspiration soutenue par l'explicite citation du Macbeth** de Shakespeare dans le premier tiers du métrage. Dans ce registre, le film de Kijû Yoshida ne possède néanmoins pas le souffle novateur, perturbant et la force tragique d'Hiroshima mon amour d'Alain Resnais, sorti trois ans plus tôt. Le film surprend aussi, voire déconcerte par ses transitions elliptiques et l'envahissant score d'Hikaru Hayashi qui profite des silences (mutismes !) orchestrés au cœur des dialogues. Difficile en revanche de taire la qualité de l'interprétation de Mariko Okada, la fille du célèbre comédien du cinéma muet Tokihiko. L'actrice ayant débuté chez Mikio Naruse, à l'affiche la même année du dernier film de Yasujiro Ozu Sanma no aji, obtenait d'ailleurs deux nouveaux prix grâce à ce rôle.

___
*également à l'origine du Kedamono no yado de Tatsuyasu Osone scénarisé par Akira Kurosawa.
**"... It is a tale told by an idiot, full of sound and fury" (Acte V, scène 5), influence directe du quatrième roman de William Faulkner.


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CinémaArashi o yobu juhachi-nin
Japon
Drame
Réalisateur et scénariste :
Yoshishige Yoshida

Producteur :
Masaya Araki

Compositeur :
Hikaru Hayashi

Directeur de la photographie :
Toichiro Narushima

Société de production :
Shôchiku Kinema

Acteurs :
Tamotsu Hayakawa
Yoshiko Kayama
Taiji Tonoyama (Murata)
Gannosuke Ashiya (Moriyama)
Akemi Negishi (Hisako Murata)
Takeshi Iwamoto
Noboru Kido
Eiji Matsui
Takenobu Wakamoto
Katsuyoshi Nishimura
Masaaki Hirao (Kazuo)
Yôko Mihara (Sumi Ishii)

...

25/02/2008
07/04/2008
Première sortie mondiale : 1963
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 3 avril 2008
Note du film : 5/6

"Je ne suis sans doute pas fait pour vivre libre."

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Dans Taiyo no hakaba, Nagisa Oshima avait dépeint de manière très sombre le sort misérable d'une partie de la jeunesse d'Osaka. C'est précisément de la troisième ville du Japon, futur site de l'Exposition universelle de 1970, que part le groupe de jeunes hommes donnant son titre à Arashi o yobu juhachi-nin. Avec ce film, Yoshishige Yoshida souhaite mettre en lumière l'exploitation de travailleurs, sans aucun droit, par les entreprises et la société japonaises. La décision prise par la Shochiku d'interrompre sa distribution en salles au bout de quatre jours ne reposait pas, de toute évidence, sur des motifs artistiques.
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Employé-chaudronnier d'un chantier naval de Kure, Shimazaki est convoqué par Murata, le responsable du personnel. Celui-ci lui annonce que les avances versées, dépensées pour l'essentiel en alcool, ont atteint le montant de son salaire. Il l'incite fortement à économiser le loyer de son logement en allant s'installer dans le baraquement de l'équipe Owada situé en haut de la colline et d'y gérer le dortoir. En découvrant les lieux, Shimazaki veut faire aussitôt demi-tour mais croire la nouvelle équipe de dix-huit jeunes journaliers recrutée, comme lui, à Osaka par Moriyama qu'il surnomme 'le margoulin'. Même s'il affirme d'emblée mépriser ces garçons qui lui ressemblent, en rupture avec leur famille ou issus de foyers d'accueil, Shimazaki finit par prendre sa mission à coeur et d'accepter de garder trois d'entre eux ayant menti sur leur expérience du métier. Peu après, les ouvriers du chantier se mettent en grève.
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Véritable théâtre d'ombres, Arashi o yobu juhachi-nin n'est pas, au sens traditionnel du terme, un film politique et/ou social. Il ne nous montre presque jamais ce sous-prolétariat adolescent, évoqué plus que réellement dénoncé par Kijû Yoshida, au travail ni, par conséquent, les conditions dans lequel il l'accomplit. Le scénario analyse plutôt la complexe relation établie entre l'échantillon de ses représentants et cette espèce de grand frère obligé qu'est pour eux Shimazaki. Il essaie aussi de porter un éclairage susceptible d'affaiblir, au moins un peu, les a priori dont souffrent ces individus réputés peu fréquentables. Certains thèmes intéressants, telles l'éducation, la solidarité, la responsabilité ou la misère sexuelle, sont parfois seulement abordés mais enrichissent le contenu narratif, jamais explicite ni conclusif, du film.


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CinémaNihon dasshutsu
Japon
Polar
Réalisateur et scénariste :
Yoshishige Yoshida

Producteur :
Masaya Araki

Compositeurs :
Tôru Takemitsu
Masao Yagi

Directeur de la photographie :
Toichiro Narushima

Société de production :
Shôchiku Kinema

Acteurs :
Yasushi Suzuki
Kyosuke Mashida
Ryohei Uchida
Miyuki Kuwano
Sumiko Sakamoto
Etsuko Ichihara (Fujiko)
Goro Tarumi (Hanada)

25/02/2008
06/04/2008
Première sortie mondiale : 1964
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De AlHolg, le 2 avril 2008

"J'ai souvent été trompée moi aussi."

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S'il est un genre où l'on attendait pas Yoshishige Yoshida, c'est bien le film de gangster. Rokudenashi possédait quelques faux airs de film noir, mais il le devait davantage à la photographie de Toichiro Narushima qu'à son intrigue. Le yakuza eiga rencontre, il est vrai, à cette époque un grand succès public, un motif suffisant pour inciter la Shochiku à demander au cinéaste de réaliser un film d'action. Yoshida accepte ce projet moyennant deux conditions : écrire le scénario et le tourner "selon ses propres critères" (i.e. "action métaphysique"). L'excessive audace (excentricité) de Nihon dasshutsu indisposa fortement le studio. Elle retira la dernière bobine* du montage final, consommant ainsi la rupture avec son artiste.
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Servile homme à tout faire d'un gang propriétaire d'un club de jazz, Tatsuo Ihara rêve de partir en Amérique pour y devenir chanteur. Ce soir là, le caïd Takashi qu'il vénère, tout juste sorti d'une longue période d'hospitalisation, lui demande de lui prêter sa chambre pour y emmener Yasue, une jeune admiratrice. Avec l'aide de la jeune femme et celle forcée de Tatsuo, Takashi et un complice organisent le vol de l'établissement de bains où elle est employée. Mais une violente sirène se déclenche au moment de l'ouverture du second coffre et le trio masculin doit s'enfuir précipitamment en voiture. Un agent de police, tentant de les arrêter, est percuté puis abattu d'une balle de revolver. Craignant que Yasue, venu les rejoindre dans leur planque, ne finisse par les dénoncer, les deux criminels décident, malgré l'énergique mais inoffensive opposition de Tatsuo, de l'éliminer.
 - film - 51221_12
Sorti trois mois avant l'ouverture des Jeux de la XVIIIe Olympiade, événement qui sert aussi de principal repère temporel au film, Nihon dasshutsu semble ne concourir dans aucune discipline cinématographique. Peut-être expérimental comme les compositions de Tôru Takemitsu qui l'illustrent partiellement, erratique assurément, il déroute sans intriguer ni séduire. Hystérique dans sa première partie, halluciné dans la seconde, le film dissout progressivement le squelettique matériau narrative sur lequel il repose par ses approximations qui ressemblent parfois à de l'improvisation. Dans le domaine de l'insolite, il n'est pas difficile de lui préférer le remarquable et autrement percutant Kawaita hana de Masahiro Shinoda, également à l'affiche en 1964.

___
dans laquelle un jeune homme devenait fou.


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Critique DVD

Jaquette du DVD Coffret Kijû Yoshida 4 DVD "Une nouvelle vague" : Bon à rien / Le Sang séché / La Fin d'une douce nuit / La Source thermale d'Akitsu / 18 jeunes gens à l'appel de l'orage / Evasion du Japon
Zone 2, France
Editeur : Carlotta Films
Sortie : 9 avril 2008

Format vidéo : 16/9
Audio : Japonais (DD 2.0 Mono)
Sous-titres : Français
Suppléments :

  • Bande-annonce
  • Interview
  • Préfaces du réalisateur

Note technique : 5/6

Image & son : (dans l'ordre du coffret)
"Bon à rien" : (DVD 1) une restauration réussie malgré les quelques légers points ou traits blancs et des contrastes un peu atténués.
"Le Sang séché" : une qualité technique sensiblement équivalente à celle du précédent film.
"La Fin d'une douce nuit" : (DVD 2) remarque identique.
"Evasion du Japon" : une image assez terne, impression d'autant plus vive que la quasi totalité du métrage baigne dans une ambiance de pénombre.
"La Source thermale d'Akitsu" : (DVD 3) le master est plutôt propre mais manque parfois légèrement de luminosité et de relief.
"18 jeunes gens à l'appel de l'orage" : (DVD 4) un transfert restauré comparable à ceux des deux premiers disques.
Pistes monophoniques originales dans l'ensemble très convenables.

Bonus : (tous en v.o.s.t.)

 - film - 50364_9
Préfaces de K. Yochida : (4/3 - 2'23 & 2'15)
Bandes-annonces : (16/9)

DVD 2 :

 - film - 51220_13
Préfaces de K. Yochida : (4/3 - 1'52 & 3'50)
Bandes-annonces : (16/9)

DVD 3 :

 - film - 51222_12
Préface de K. Yochida : (4/3 - 3'27)
Entretien : avec Mariko Okada (4/3 - 9'07). L'actrice évoque les débuts de la mise en production de ce centième film, le choix du réalisateur, sa contribution artistique, direction comparée d'Ozu, Kinoshita et Yochida.
Bande-annonce : (16/9)

DVD 4 :
Préface de K. Yochida : (4/3 - 1'19)
Bande-annonce : (16/9)

AlHolg

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