"L'amour ? La révolution ?"

lui-même comme son film le plus ambitieux, Erosu purasu Gyakusatsu
surprend et subjugue à la fois par ses audaces narratives et par ses qualités esthétiques. Librement inspirée par l'assassinat de l'anarchiste Sakae Osugi, de sa compagne féministe Noe Ito ainsi que du neveu âgé de six ans du premier par le lieutenant Masahiko Amakasu(1), cette nouvelle production indépendante se situe en effet à la charnière de l'histoire, de la philosophie politique et de l'art plastique. Co-écrit par Masahiro Yamada avec lequel Yoshida
a déjà travaillé à deux reprises, le scénario se plaît également à croiser les époques et des destins avant tout de femmes.

de classicisme et d'avant-gardisme, par Erosu purasu Gyakusatsu
autour de la libération des mœurs, en particulier des relations conjugales et sexuelles, et de la femme sur fond d'amour et de mort(3). La philosophie de Max Stirner, élève de G.W.F. Hegel, violemment critiquée par Karl Marx, notamment son analyse des différentes formes de soumission de l'individu, influence de manière explicite le scénario. Y cohabitent une subversion passive ou inactive, tantôt nostalgique (symbolisée par Jun Tsuji) ou prétendument révolutionnaire (Sakae Osugi), alternative dans laquelle Wada sert de médiateur. Mais aussi et surtout des personnages finement contrastés de femmes. L'approche initiale de documentaire place également le spectateur, à l'intérieur et en dehors du récit, dans une étrange situation de déséquilibre, impression renforcée par la splendide photographie, elle aussi très tranchée, parfois presque éthérée de Motokichi Hasegawa.
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1. personnage interprété par Ryuichi Sakamoto
dans The Last Emperor
de Bernardo Bertolucci
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2. au milieu des ruines duquel Kurosawa
enfant suivait son frère aîné.
3. célèbre dialectique éros et thanatos, ce dernier résultant selon Hésiope d'une primordiale immaculée conception, dont s'inspire manifestement le titre.