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CinémaErosu purasu Gyakusatsu
Japon
Drame
Réalisateur et scénariste :
Yoshishige Yoshida

Scénariste :
Masahiro Yamada

Compositeur :
Toshi Ichiyanagi

Directeur de la photographie :
Motokichi Hasegawa

Société de production :
Gendai Eigasha

Acteurs :
Mariko Okada (Noe Ito)
Toshiyuki Hosokawa (Sakae Osugi)
Yûko Kusunoki (Itsuko Masaoka)
Kazuko Ineno (Akiko Hiraga)
Daijiro Harada (Wada)
Taeko Shinbashi (Chiyoko)
Ejko Sokutai (Toshiko)
Etsushi Takahashi (Jun Tsuji)
Masako Yagi (Yasuko)

16/12/2007
10/04/2008
Sortie en salles en France : 2 avril 2008
Première sortie mondiale : 1970
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

Résumé

La vie de l'anarchiste Sakae Osugi, assassiné par la police en 1923, et ses relations avec trois femmes : Yasuko Hori, sa première épouse, Noé Ito, la seconde, qui mourut avec lui, et Itsuko Masaoka, alias "Mlle K", une militante des droits des femmes qui tenta de l'assassiner dans une maison de thé en 1916. Parallèlement, deux étudiants d'aujourd'hui cherchent un sens aux théories politiques d'Osugi et à ses idées sur l'amour libre. Les personnages du passé et du présent se rencontrent, s'entrecroisent et dialoguent.



Critique Film


De AlHolg, le 7 avril 2008
Note du film : 5/6

"L'amour ? La révolution ?"

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Considéré par Yoshishige Yoshida lui-même comme son film le plus ambitieux, Erosu purasu Gyakusatsu surprend et subjugue à la fois par ses audaces narratives et par ses qualités esthétiques. Librement inspirée par l'assassinat de l'anarchiste Sakae Osugi, de sa compagne féministe Noe Ito ainsi que du neveu âgé de six ans du premier par le lieutenant Masahiko Amakasu(1), cette nouvelle production indépendante se situe en effet à la charnière de l'histoire, de la philosophie politique et de l'art plastique. Co-écrit par Masahiro Yamada avec lequel Yoshida a déjà travaillé à deux reprises, le scénario se plaît également à croiser les époques et des destins avant tout de femmes.
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Eiko Sokutai, jeune étudiante à la faculté de design de Tokyo spécialisée dans l'esthétique de l'information, interroge Mako, âgée alors de sept ans lors du meurtre de sa mère Noe Itô intervenu peu après le grand tremblement de terre de 1923(2). Epouse de Jun Tsuji, la jeune rédactrice en chef de la revue "Seitô" et militante de l'émancipation de la femme était devenue en 1916 la seconde maîtresse de l'anarchiste Sakae Osugi, marié à Yasuko Hori et amant de la brillante angliciste et journaliste au "Tônichi" Itsuko Masaoka. Cinquante-trois ans plus tard, Eiko, soupçonnée de se livrer à la prostitution, et son ami Wada s'interrogent sur la signification des théories libertaires d'Osugi.
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En intitulant son ouvrage consacré à Noe Ito "Bi wa rantyo ni ari" (litt. la beauté est dans la confusion), l'auteure Jakucho Setochi traduisait bien, dès 1966, le contexte dans lequel se noue le drame en question mais aussi l'esprit du film qui le relate. La mutation, l'effervescence et finalement le désordre caractérisant la brève ère Taisho trouvent un pertinent écho dans la révolte et les antagonismes que connaît le Japon à la fin des années 1960. Un rapprochement opéré, avec un savant mélange antonionien de classicisme et d'avant-gardisme, par Erosu purasu Gyakusatsu autour de la libération des mœurs, en particulier des relations conjugales et sexuelles, et de la femme sur fond d'amour et de mort(3). La philosophie de Max Stirner, élève de G.W.F. Hegel, violemment critiquée par Karl Marx, notamment son analyse des différentes formes de soumission de l'individu, influence de manière explicite le scénario. Y cohabitent une subversion passive ou inactive, tantôt nostalgique (symbolisée par Jun Tsuji) ou prétendument révolutionnaire (Sakae Osugi), alternative dans laquelle Wada sert de médiateur. Mais aussi et surtout des personnages finement contrastés de femmes. L'approche initiale de documentaire place également le spectateur, à l'intérieur et en dehors du récit, dans une étrange situation de déséquilibre, impression renforcée par la splendide photographie, elle aussi très tranchée, parfois presque éthérée de Motokichi Hasegawa.

___
1. personnage interprété par Ryuichi Sakamoto dans The Last Emperor de Bernardo Bertolucci.
2. au milieu des ruines duquel Kurosawa enfant suivait son frère aîné.
3. célèbre dialectique éros et thanatos, ce dernier résultant selon Hésiope d'une primordiale immaculée conception, dont s'inspire manifestement le titre.


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Critique DVD

Jaquette du DVD Eros + massacre - Edition Collector 2 DVD
Zone 2, France
Editeur : Carlotta Films
Sortie : 9 avril 2008

Format vidéo : 16/9
Audio : Japonais (DD 2.0 Mono)
Suppléments :

  • Bande-annonce
  • Interview
  • Version courte

Note technique : 6/6

Image & son : les très fugaces scories négligées par la restauration ne nuisent nullement aux plaisir et confort de visionnage de ce beau film. Les hautes et basses lumières qui s'y opposent sont techniquement bien gérées et la solidité des contrastes doit être soulignée. Piste originale monophonique satisfaisante.

Bonus :
Bande-annonce : (16/9 - v.o.s.t.)

DVD 2 :

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Version courte : (16/9 - 158' - v.o.s.t.) exploitée lors de sa sortie au Japon le 14 mars 1970.
Yoshida ou l'éclatement du récit : (4/3 - 28'55) commentaires des historiens du cinéma Mathieu Capel et Jean Doucet sur l'oeuvre de K. Yoshida, montés avec des extraits d'une interview (v.o.s.t.) du cinéaste.

AlHolg

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