"Peut-être parce qu'on a pas réglé nos problèmes d'enfance."

figure parmi les dignes représentants de ces cinéastes au savoir-faire reconnu mais qui n'offrent pas pour autant de "produits" stéréotypés. Avec La Maison
, l'ancien ébéniste devient en quelque sorte l'architecte et le maçon d'une histoire simple mais touchante, employant un matériau sensiblement identique à ceux qui ont servi à bâtir la plupart de ses ouvrages antérieurs.

dans une interview au mois d'août dernier. Une phrase qui décrit assez bien l'esprit de ce huitième long métrage de fiction et, en grande partie, ceux qui l'ont précédé. Drame de la séparation et de l'abandon, blessures non cicatrisées de l'enfance, errance qui aspire au repos et trouble avec remise en question, à la fois mélancolique et nostalgique, au passage du point de non-retour de l'existence forment les pierres et le ciment de cette Maison
intimiste au charme indéniable. On peut, certes, ne pas apprécier la spontanéité, le caractère quasi viscéral et les petites maladresses du cinéma de Poirier
. Mais comment ne pas louer sa simplicité (une authentique qualité) et sa sincérité ? Au-delà de la dimension sentimentale, à la connotation légèrement incestueuse**, de son film, le cinéaste né au Pérou illustre à sa façon l'ancienne et toujours vivace interrogation dialectique : la mémoire est-elle ou non associée à un lieu ? Il ébauche puis délaisse cependant quelques intéressantes pistes narratives et néglige ou accessoirise un peu trop aussi certains de ses personnages secondaires. Sa Maison
mérite néanmoins que l'on y fasse étape.
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*où l'on feint d'oublier bien souvent que ces catégories se recoupent parfois.
**Cloé n'est-elle pas l'image projetée de la fille de Malo comme celui-ci se substitue d'une certain manière au père de la jeune femme ?