"N'oublie jamais qui tu es et d'où tu viens... Ma fille."

avec Pierre-François Beauchard, alias David B., avait poussé la graphiste, diplômée des Beaux-Arts de Téhéran après son séjour autrichien, à raconter l'histoire tragi-comique de sa jeunesse iranienne itinérante sous forme d'une série de bande dessinée en quatre parties, parue entre 2000 et 2003. L'important succès rencontré par cette édition s'est naturellement traduit par un projet cinématographique, mis en chantier dès 2005 avec un autre auteur de B.D., spécialiste de l'humour macabre, Vincent Paronnaud
, alias Winshluss. Et l'on peut dire que cette adaptation (plus que transposition), par sa tonalité singulière et son supplément d'âme, apportent une réelle valeur ajoutée au récit que nous connaissions déjà. Récompensé par le "Prix du jury" cannois 2007* ("dédié à tous les Iraniens"), Persepolis
pourrait bien représenter la France dans la catégorie "meilleur film en langue étrangère" des prochains Academy Awards.

, ville fondée par le roi achéménide Darius Ier, Marjane Satrapi
les relie explicitement à la très longue histoire de son pays et, donc, à ses racines, un des thèmes importants avec celui de l'intégrité. Elle souligne aussi de cette façon le caractère éminemment contingent des événements qu'elle relate. Mais l'ancienne membre du jury de la section "Un Certain regard" aurait tout aussi bien pu l'appeler "Tout le monde n'a pas la chance d'être née princesse "rouge" au pays des mollahs"**. L'enthousiasme, la fraîcheur de l'enfance et l'humour, défense naturelle et ironique au coeur d'un environnement sombre, souvent dramatique ou absurde, et les quelques drolatiques citations cinématographiques*** comptent en effet parmi les atouts majeurs du film. La simplicité stylisée du graphisme en noir et blanc se révèle être également un remarquable support à cette énergie non refoulée qui semble animer son auteur, exilée à quatorze ans. 'Marji'
a bien retenu le conseil de sa grand-mère : sa mémoire et son identité non pas été altérées... pour notre grand plaisir.
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*ex-aequo avec Stellet licht
du Mexicain Carlos Reygadas
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**référence détournée au film de Jean-Jacques Zilbermann
!
***dans l'ordre Gojira
, Sissi
, Derrick
, Rocky III
dont le "Eye of the Tiger" de Survivor est massacré avec délice, et Terminator 2: Judgment Day
.