"Isn't it a pity... the wrong people always have money."

, The Big Clock
est une adaptation du roman du poète et écrivain Kenneth Fearing
publié en 1946. Ce thriller, relativement méconnu du grand public, présente l'insigne intérêt, outre la qualité de son scénario signé par l'auteur de romans policiers Jonathan Latimer
, de réunir pour la deuxième fois, après Payment Deferred
, le trio Ray Milland
(récent titulaire d'un "Oscar" pour son interprétation dans The Lost Weekend
), Charles Laughton
et Maureen O'Sullivan
, l'épouse du réalisateur.


, The Big Clock
constitue sans nul doute le chef-d'oeuvre de John Farrow
. La subtilité de l'intrigue du faux coupable imaginée par Kenneth Fearing
a d'ailleurs inspiré plusieurs scénarii parmi lesquels ceux de The Glass Web
de Jack Arnold
, Police Python 357
d'Alain Corneau
ou, plus directement, No Way Out
de Roger Donaldson
. Même s'il débute et est narré en flash-back à la manière de l'excellent Double Indemnity
de Billy Wilder
et s'il en possède certaines caractéristiques, The Big Clock
n'est à proprement parler ni un film-noir, ni un polar. Certains n'hésitent pas à le qualifier de screwball comedy (comédie déréglée, en référence à l'omniprésence des horloges ?), probablement sous l'influence du marquant second rôle tenu par Elsa Lanchester
, la fiancée de Frankenstein
mais aussi Mrs. Laughton à la ville. Certains détails du récit manquent de cohérence. L'ambiguïté sexuelle d'Earl Janoth dans le roman est également traitée de façon moins explicite par le script. Le film frappe néanmoins le spectateur, grâce notamment à ses qualités visuelles dues à John Seitz
(Double Indemnity
, Sunset Boulevard
) et à la composition de Charles Laughton
dans un personnage à la William Randolph Hearst ou Henry Luce.