"... Repartir de rien."

aurait-il trouvé un nouveau créneau cinématographique, celui du film ethnolinguistique ? Il aurait alors été devancé par l'Inuit canadien Zacharias Kunuk
avec son Atanarjuat
, "Caméra d'or" du Festival de Cannes 2001. En réalité, l'originalité des deux dernières productions du réalisateur n'est pas tant d'utiliser des langues incomprises par la plupart des spectateurs(1) que de favoriser un buzz avant leur sortie... et une polémique après. Moins outrancier(2) que le précédent, Apocalypto
est avant tout un film d'action prenant pour décor le Yucatán du IXe siècle (à moins que ce ne soit celui du XVIe !!), descendant psychologique et affecté, mais interprété par des inconnus, du Kings of the Sun
de Jack Lee Thompson.


laisserait-il entendre que Apocalypto
serait porteur d'un message ? Il aurait fallu, pour cela, qu'il ne se méprenne pas sur le sens du titre de son film(3) et évite, malgré la présence à ses côtés de l'archéologue Richard Hansen, les erreurs historiques et les stéréotypes. Les hypothétiques causes de l'énigmatique disparition de la civilisation Maya(4) constituaient pourtant un fabuleux réservoir narratif, faiblement exploité dans le film. Celui-ci est également présenté comme une métaphore du déclin de notre propre civilisation. Pure fiction commerciale aux tonalités prophétiques, Apocalypto
(5) est surtout le récit spectaculaire (et athlétique !) d'un double sauvetage dans lequel le thanatos (violence, souffrance, mort) tient à nouveau une place essentielle. Il profite de la remarquable photographie (souvent en caméra subjective ou très mobile) de Dean Semler
(à l'oeuvre sur les deux derniers Mad Max
et "oscarisé" pour Dances with Wolves
). Pour diverses raisons, exposées par ailleurs, on pourra néanmoins lui préférer The New World
de Terrence Malick
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1. les différentes formes du maya sont parlées par environ cinq millions d'Amérindiens, dont sept cent cinquante mille locuteurs du yucatèque, l'araméen par près de cinq cent mille personnes. Apocalypto
a d'ailleurs concouru dans la catégorie des films en langues étrangères des "Golden Globes" et BAFTA 2007.
2. mais aussi moins rentable : 120M$ de recettes mondiales (dont 69M$ à l'étranger) pour un budget de 40M$ contre respectivement 612M$ (241M$) et 30M$.
3. "nouveau départ" alors qu'apocalypto signifierait plutôt "je révèle" du grec apocalypsis : "révélation".
4. catastrophes naturelles, guerres, peur collective de la fin destructrice du quatrième cycle, celui de l'Humanité, au Xe siècle.
5. une référence marquée au "Temple du Soleil" d'Hergé
doit être soulignée !