"Les secrets sont toute ma vie."

, Christopher Nolan
s'est donc attelé à la réalisation de The Prestige
, adaptation (convoitée par Sam Mendes
!) du roman de l'écrivain britannique Christopher Priest
paru en 1995. Une production moins ambitieuse sur le plan commercial* que celles consacrées au super-héros imaginé par Bob Kane
et Bill Finger, laissant au cinéaste et à son cadet Jonathan
, déjà co-scénariste de Memento
, la possibilité de donner libre cours à leur penchant pour la narration dédaléenne. Le public français n'a réservé au film qu'un modeste succès d'estime puisqu'entré en sixième position, il n'est resté qu'une semaine dans le top ten du box-office.

se livrent volontiers à la mystification, les frères Nolan
aiment eux manipuler les histoires et, par conséquent, les spectateurs. A partir d'un roman essentiellement épistolaire, les scénaristes se livrent à un travail méticuleux de déstructuration de la narration. Les Nolan
auraient-ils découvert la légendaire machine de H.G. Wells
? Trois époques se télescopent en flash-back tout au long (plus de deux heures tout de même !) du film, participant à une étrange annihilation de la temporalité. Il n'est pas certain que The Prestige
y gagne en... séduction. Le roman recelait pourtant une richesse thématique et cinématographique incontestable. Une rivalité humaine et vengeresse primordiale entre un roturier froid et méthodique et un aristocrate éloquent et calculateur, le sacrifice, la figure du double, l'exploration de la délicate frontière entre ésotérisme (et hermétisme) et science notamment. Le septième art n'est-il précisément pas le fils prodig(u)e de la magie ? Georges Méliès
, le père de la fiction au cinéma, était en effet prestidigitateur et directeur du théâtre Robert Houdin avant de fonder sa maison de production. De toute évidence, The Prestige
en est moins l'héritier que Sleuth
de Mankiewicz
avec lequel la présence de Michael Caine
n'est pas l'unique point commun.
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*doté d'un budget de 40M$ (150M$ pour Batman Begins
), le cinquième long métrage de Nolan
a enregistré une peu plus de 106M$ de recettes dont la moitié hors des Etats-Unis, contre 371M$ (45% à l'étranger) pour le film précédent.