"I've crossed the line now, Sinead."

n'avait en soi rien de bien passionnant. Elle est néanmoins symptomatique des limites du cinéma dit "engagé", celui de Ken Loach
comme les autres. Les convictions du cinéaste britannique sont connues depuis longtemps, comme d'ailleurs la fidélité du Festival de Cannes à son travail. Après deux "Prix du jury", la treizième participation (dont huit en sélection officielle) a donc consacré le réalisateur de Kes
et de Family Life
, négligé par les autres festivals ou cérémonies de prix. Avec ce nouveau film, le doyen des compétiteurs invités sur la Croisette fait davantage oeuvre d'historien que de dramaturge, affaiblissant par là même la force et le lyrisme de ce "Vent secouant l'orge"
.

, dont il s'agit de la septième collaboration avec Loach
, situe son scénario à l'une des périodes les plus critiques de l'histoire de l'Irlande. En décembre 1918, le Sinn Fein avait remporté les élections, constitué un parlement irlandais et proclamé l'indépendance. La décision de dissoudre ce parlement, prise par le pouvoir britannique, va donner naissance à un nouveau soulèvement dans l'île qui va durer trois ans. The Wind that Shakes the Barley
s'attache au récit de cette étape du mouvement pour l'indépendance qui va aboutir aux accords de 1921 puis à la guerre civile consécutive. Les événements y sont dépeints avec beaucoup de naturalisme (grâce notamment à la photographie de Barry Ackroyd
) mais le film reste un peu prisonnier d'une mécanique action-réaction, laissant finalement peu de champs à une réflexion humaniste et politique. 
, qui avait précédemment abordé le sujet à travers Days of Hope
, Looks and Smiles
ou Hidden Agenda
, reste en deçà de la puissance narrative et visuelle du, certes différent, Bloody Sunday
de son compatriote Paul Greengrass
. The Wind that Shakes the Barley
mérite certainement sa "Palme"... probablement parce que la compétition cannoise est moins relevée qu'il y a quelques années.