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Critique Films

CinémaKawaita hana
Japon
Thriller
Réalisateur et scénariste :
Masahiro Shinoda

Scénaristes :
Shintarô Ishihara (auteur)
Masaru Baba

Producteurs :
Masao Shirai
Shigeru Wakatsuki

Compositeur :
Tôru Takemitsu

Directeur de la photographie :
Masao Kosugi

Société de production :
Shôchiku Kinema

Acteurs :
Ryo Ikebe (Muraki)
Mariko Kaga (Saeko)
Takashi Fujiki (Yo)
Chisako Hara
Eijirô Tono (Yasuoka)
Seiji Miyaguchi (Funada)

18/10/2006
07/07/2007
Première sortie mondiale : 1964
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 3 juin 2007
Note du film : 5/6

"C'est la faute au hasard...."

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Comme en France à la fin des années 1950, une "Nouvelle vague" (nuberu bagu en v.o.) déferle à la même époque sur le cinéma japonais. L'émergence non concertée de cette nouvelle génération de réalisateurs coïncide d'ailleurs avec une profonde crise des grands studios de production. Parmi les jeunes cinéastes en réaction avec les maîtres (Ozu, Kinoshita) du vieux studio Shochiku se trouvent notamment Nagisa Oshima, Yoshishige 'Kiju' Yoshida et Masahiro Shinoda. Ce dernier, ancien assistant de Yasujiro Ozu et admirateur de Mizoguchi, se caractérise par un style formel assez prononcé. Le yakuza eiga Kawaita hana, adapté d'un roman de Shintarô Ishihara (surtout connu chez nous pour son segment dans L'Amour à vingt ans) en est une belle et frappante illustration.
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Après avoir purgé une peine de trois ans de prison pour le meurtre de Kijima du clan adverse, Muraki retrouve la liberté. Six mois après son arrestation, les clans Funada, auquel il appartient, et Yasuoka ont pactisé pour contrer celui d'Imai originaire d'Osaka. Dans le tripot de Tokyo où il se rend après avoir vu son patron, une jeune femme nommée Saeko fait sensation en raison de l'importance de ses mises et de son impassibilité. La nuit venue, Muraki se présente dans la boutique d'horlogerie où habite son amante Shinko pour laquelle il n'éprouve désormais plus grand chose. Lorsqu'ils se revoient après une nouvelle séance de jeu, Saeko demande à Muraki de lui trouver un tripot autorisant des enjeux beaucoup plus importants.
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Son évidente abstraction narrative additionnée à ses flagrantes qualités esthétiques font de Kawaita hana une oeuvre très singulière et séduisante. Sorti en pleine âge d'or du genre yakuza eiga, surtout chez la Toei, le film partage en effet peu de points communs avec ceux de Seijun Suzuki par exemple. Sans être un authentique film-noir (il en possède toutefois certaines caractéristiques), Kawaita hana intrigue par l'étrange relation entre Saeko et Muraki ainsi que, entre permanence et changement, par la fatalité opératique à laquelle ils sont soumis. Mariko Kaga et Ryo Ikebe, déjà ensemble à l'affiche de Daikon to ninjin la même année, y interprètent brillamment les deux principaux personnages.


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CinémaAnsatsu
Japon
Drame
Réalisateur :
Masahiro Shinoda

Scénaristes :
Ryotaro Shiba (auteur)
Nobuo Yamada

Compositeur :
Tôru Takemitsu

Directeur de la photographie :
Masao Kosugi

Société de production :
Shôchiku Kinema

Acteurs :
Tetsuro Tamba (Hachiro Kiyokawa)
Shima Iwashita (Oren)
Eiji Okada (Matsudaïra)
Isao Kimura (Tadasaburo Sasaki)
Tamotsu Hayakawa (Ishizaka)
Eitarô Ozawa (Itakura)
Muga Takewaki (Shingo Miyagawa)
Keiji Sada (Ryoma Sakamoto)

25/03/2007
07/07/2007
Première sortie mondiale : 1964
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 1er juillet 2007
Note du film : 6/6

"Si tu ne le comprends pas, moi non plus."

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Sorti la même année que le moderne et urbain Kawaita hana, Ansatsu s'inspire de l'ouvrage de Ryotaro Shiba, "Kimyonari Hachiro", également auteur du roman à succès "Ryoma ga Yuku" situé dans le même contexte historique et tous deux fondés sur des événements réels. A la fois jidai et ken-geki, ce film confirme l'attirance de Masahiro Shinoda pour les trames narratives complexes et son talent de mise en scène qui rappelle parfois celui de son aîné Masaki Kobayashi.
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Janvier 1863. Ministre du shogunat Tokugawa, Itakura décide, sur le conseil du seigneur Matsudaïra, de relaxer Kiyokawa Hachiro. Condamné pour le meurtre du policier Kakichi, ce samouraï d'origine paysanne pourrait en effet servir les intérêts du pouvoir. Dans cette période troublée où l'empire est menacé par des armées occidentales, Matsudaïra espère voir ce loyaliste utiliser son charisme et ses arts martiaux pour former et diriger une brigade constituée de ronins et destinée à combattre ses anciens amis, des patriotes opposés au shogun en place. Mais, prudent, Matsudaïra confie au maître d'armes Sasaki Tadasaburo la mission de se tenir prêt à éliminer cet énigmatique mercenaire.
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Prenant pour décor la fin de l'ère féodale Edo, cinq ans avant la restauration Meiji, Ansatsu relate à travers l'équivoque Kiyokawa Hachiro la dualité du pouvoir, les prémices de la formation du Shinsen Gumi et l'atmosphère d'intrigues et de duplicité politiques de cette période autarcique moribonde. Mais le scénario, composé de multiples récits individuels en flash-back, cherche avant tout à cerner progressivement la personnalité et les convictions réelles du personnage central interprété par Tetsuro Tamba (à l'affiche, comme Shima Iwashita, Mme Shinoda, du récent Seppuku). Le classicisme, quelques fois presque théâtral, de la réalisation s'accompagne d'une savante habileté et originalité dans certaines scènes comme par exemple celle de l'exécution de Teradaya.


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CinémaIbun Sarutobi Sasuke
Japon
Drame
Réalisateur :
Masahiro Shinoda

Scénaristes :
Koji Nakada (auteur)
Yoshiyuki Fukuda

Producteur :
Shizuo Yamauchi

Compositeur :
Tôru Takemitsu

Directeur de la photographie :
Masao Kosugi

Société de production :
Shôchiku Kinema

Acteurs :
Koji Takahashi (Sarutobi Sasuke)
Tetsuro Tamba (Sakon Takatani)
Jitsuko Yoshimura (Omiyo)
Misako Watanabe (Okiwa)
Kei Sato (Takanosuke Nojiri)
Eiji Okada (Tatewaki Koriyama)
Eitarô Ozawa (Shigeyuki Koremura)
Seiji Miyaguchi (Jinnai-Kazutaka Horikawa)
Jun Hamamura (Joshin)
Yasunori Irikawa (Yashiro Kobayashi)
Shintarô Ishihara (Saizo Kirigakure)
Rokko Toura (Mitsuaki Inamura)

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11/08/2005
07/07/2007
Première sortie mondiale : 1965
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 1er juillet 2007
Note du film : 5/6

"Je viens enfin de comprendre qui je suis, et ce que je dois faire en ce monde."

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En 1965, Masahiro Shinoda réalise deux adaptations, Utsukushisa to kanashimi to, un gendai-geki tiré de l'ouvrage éponyme paru la même année du futur "Prix Nobel" Yasunari Kawabata et Ibun Sarutobi Sasuke. Ce second film de sabre inspiré d'un roman historique du méconnu Koji Nakada et tourné en grande partie en décors naturels constitue, par l'époque et les thèmes abordés, une sorte de diptyque avec Ansatsu.
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1614. Pour mener la guerre froide qui les oppose depuis quatorze ans, le shogunat Tokugawa et son rival Toyotomi ont recours aux tueurs d'élite et aux espions. Koriyama Tatewaki et Sakon sont les ninjas les plus réputés du clan Yagyu allié au premier. Leurs homologues du camp adverse sont Koremura et son second Nojiri. Samouraï du seigneur Sanada, ancien membre de la coalition Toyotomi adoptant aujourd'hui une certaine neutralité, Sarutobi Sasuke est rejoint sur sa route par Mitsuaki. Celui-ci se rend à Suwa pour finaliser, contre une forte récompense, le ralliement de Tatewaki aux Toyotomi. Sasuke le sauve d'une attaque des hommes du clan Yagyu. Arrivés à destination, les deux hommes échappent aux troupes de l'intendant Genba ; mais la nuit suivante, Mitsuaki est tué dans sa chambre par un inconnu.
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La trahison, la violence et la confusion sont évidemment au coeur de ce récit qui prend naissance avec la célèbre bataille de Sekigahara à partir de laquelle s'ouvre l'époque Edo. La victoire des forces réunies par Ieyasu Tokugawa sur celles de Mitsunari Ishida repose d'ailleurs en grande partie sur le changement de camps opéré par Hideaki Kobayakawa, devenu depuis la figure emblématique nationale de la lâcheté. Plus linéaire que les précédents films mais pas forcément moins noueux, Ibun Sarutobi Sasuke constitue aussi la rencontre d'un homme pacifique, Sarutobi Sasuke*, avec son destin héroïque.

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*personnage historique repris en 1999 dans un manga signé par Akimine Kamijyō.


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CinémaShinjû: Ten no amijima
Japon
Drame
Réalisateur et scénariste :
Masahiro Shinoda

Scénaristes :
Monzaemon Chikamatsu (pièce)
Taeko Tomioka

Scénariste et compositeur :
Tôru Takemitsu

Directeur de la photographie :
Toichiro Narushima

Acteurs :
Shima Iwashita (Koharu/Osan)
Kichiemon Nakamura (Jihei)
Kamatari Fujiwara (la propriétaire du Yamatoya)
Jun Hamamura
Sumiko Hidaka
Tokie Hidari (Osugi)
Yoshi Kato (Gosaemon)
Shizue Kawarazaki (la mère d'Osan)
Hosei Komatsu (Tahei)
Yusuke Takita (Magoemon)

18/10/2006
07/07/2007
Première sortie mondiale : 1969
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 1er juillet 2007
Note du film : 5/6

"Le ciel me punit, mais pas ma femme."

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Récompensé par sept prix nationaux, dont deux décernés à son actrice principale, Shinjû: Ten no amijima est le troisième film produit en indépendant par Masahiro Shinoda après son départ de la Shochiku. Adaptation stylisée sur un mode ouvertement théâtral de la pièce de 1720 du dramaturge Monzaemon Chikamatsu, souvent présenté comme le Shakespeare japonais, cette oeuvre désespérée et symbolique ne manque pas de surprendre, dès son générique, tant par ses choix conceptuels que visuels.
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Depuis près de trois ans, Jihei promet à son amante la courtisane Koharu de la racheter. Mais le modeste commerçant d'Osaka n'a malheureusement pas les moyens de tenir sa promesse. Le couple finit par imaginer de se donner la mort pour être enfin réuni. Le riche marchand Tahei propose bien de se substituer à Jihei, mais il ne bénéficie pas des mêmes faveurs de la part de la jeune femme. Koharu ne manifeste également que peu d'amabilité avec le samouraï qu'elle reçoit ce soir là. Elle lui avoue toutefois mentir sur ses sentiments à l'égard de Jihei sans savoir que ce dernier écoute leur conversation. Le samouraï, qui n'est autre que Magoemon, le frère de Jihei, obtient alors de celui-ci qu'il renonce à sa maîtresse et s'occupe de sa famille et de son commerce en péril. Parmi les vingt-neuf promesses écrites par l'amant et remises à Koharu, Magoemon trouve une lettre d'Osen, l'épouse de Jihei, adressée à sa rivale.
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Contrairement aux films de geishas de Naruse ou de Mizoguchi, le film n'offre pas de point du vue social. Drame sentimental et moral en trois actes, Shinjû: Ten no amijima possède en revanche une indéniable dimension expérimentale. Les images de bunraku (théâtre de marionnettes) du générique s'accompagnent d'un entretien téléphonique de Masahiro Shinoda avec sa co-scénariste à propos d'une scène du film. Les changements de décors sont volontairement soulignés, des individus masqués, manipulateurs de marionnettes humaines, se font les muets vecteurs de la fatalité tragique des amoureux et l'interprétation des deux et très différents personnages féminins principaux est confiée à la seule Shima Iwashita. Shinoda, avec ce film original et étonnant, prouve qu'il sait allier le classicisme qu'il affectionne à une modernité maîtrisée.


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Critique DVD

Jaquette du DVD Coffret Masahiro Shinoda 4 DVD : Fleur pâle / Assassinat / La Guerre des espions / Double suicide à Amijima
Zone 2, France
Editeur : Wild Side Video
Sortie : 27 juin 2007

Format vidéo : 16/9
Audio : Japonais (DD 2.0 Mono)
Sous-titres : Français
Suppléments :

  • Présentation des films par Masahiro Shinoda
  • Leur réalisateur (4X15min) ; Yakuzas : Légendes et Vérités - entretien avec Mark Schilling
  • Spécialiste du cinéma japonais (26min) ; Galeries photos et Filmographies

"Double suicide à Amijima" au format 4/3

Note technique : 6/6

Image & son : une édition sans réelle faiblesse sur le plan technique. Le noir et blanc est nuancé et doté de solides contrastes et les pistes monophoniques sont satisfaisantes.

Bonus : (sauf indication contraire, au format 16/9 et en v.o.s.t.)

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Entretien avec M. Shinoda : (août 2006 - 15'48) "Esthétique de la clandestinité". Sens géopolitique de l'adaptation, maison de jeu et cartes Hanafuda, yakuzas et extrême droite, censure. Illustré par des extraits du film.
Entretien avec Mark Shilling : (août 2006 - 26'59) "Yakuzas, légendes et vérités". Mise en perspective et analyse par l'auteur d'un ouvrage sur les films de yakuzas.
Filmographie : du réalisateur.
Galerie photos : affiches et photographies de plateau.

DVD 2 :

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Entretien avec M. Shinoda : (16'01) "Passions extrêmes". Situation du studio à l'époque de la production, cinéma vs télévision, choix du style de chambara, éclairage à la bougie, contexte historique, nationalisme nippon et sens du film.
Filmographie : du réalisateur.
Galerie photos : affiche et photographies de plateau.

DVD 3 :

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Entretien avec M. Shinoda : (15'49) "L'incertitude du chaos". Choix de l'histoire, influences littéraires et du contexte politique, figure de l'enfant et hommage à Carol Reed, tournage en forêt, apparition et engagement politique de Shintaro Ishihara, manifeste de la fuite, dépassement de budget et départ de la Shochiku.
Filmographie : du réalisateur.
Galerie photos : affiche et photographies de plateau.

DVD 4 :

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Entretien avec M. Shinoda : (4/3 - 15'36) conditions de production, raison du choix de la pièce, entre fiction et réalisme, épouse et prostituée, martyres politiques et religieux, réaction de S. Imamura et d'A. Kurosawa.
Filmographie : du réalisateur.
Bande-annonce : (4/3)
Galerie photos : photographies de plateau.

AlHolg

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