"Comment vit-on avec la mort ?"

après le très réussi My Life Without Me
qui avait révélée la cinéaste espagnole au public français fin 2003. La Vida secreta de las palabras
est une oeuvre plus personnelle encore, reposant comme Cosas que nunca te dije
, son premier film diffusé dans l'Hexagone, sur un scénario original dont la Catalane est l'auteur, et non d'une adaptation. Après Berlin pour le précédent film, cette nouvelle production des frères Almodóvar
a été diffusée en première à Venise avant de remporter, en début d'année, quatre "Goya" (dont meilleurs film, réalisatrice et scénario) et quelques autres prix nationaux.

était un superbe et poignant drame intimiste. Isabel Coixet
, pour La Vida secreta de las palabras
, ajoute une dimension politico-humanitaire à laquelle on ne s'attend pas et qui, à partir du dernier quart du métrage, refaçonne l'ensemble du récit sous un tout nouveau jour. La scénariste et réalisatrice réussit à faire en sorte que le spectateur soit en permanence intrigué par le personnage d'Hanna et dans l'attente d'éléments qui permettraient de mieux la comprendre. La pertinence de la narration est d'apporter un éclairage qui soit à la fois individuel et tragiquement collectif, contrastant de ce fait avec l'histoire (les expériences) spécifique(s), elle(s) aussi traumatique(s), de Josef.
, mémoire, survivance, partage et renaissance se croisent avec intelligence et délicatesse. Par sa sincérité et sa sensibilité, le film constitue une manière d'antithèse du Breaking The Waves
de Lars Von Trier
auquel il fait inévitablement penser. Difficile de ne pas être séduit par la composition intériorisée de Sarah Polley
, surpris par la prestation inhabituelle de l'acteur de Robert Altman
ou de Clint Eastwood
Tim Robbins
et ravi de retrouver, après le remarquable Finding Neverland
, la belle Julie Christie
.