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Cinéma
France
Drame
Réalisateurs :
Raymond Leboursier
Marcel Pagnol (supervision)

Scénaristes :
Emile Zola (auteur)
Marcel Pagnol

Compositeurs :
Vincent Scotto
Henri Tomasi

Directeurs de la photographie :
Charles Suin
Walter Wottitz

Monteur :
Jeanne Rongier

Société de production :
Les Films Marcel Pagnol

Acteurs :
Jacqueline Pagnol (Naïs Micoulin)
Fernandel (Toine)
Raymond Pellegrin (Frédéric Rostaing)
Germaine Kerjean (Mme Rostaing)
Henri Poupon (Micoulin)
Paulette Langlais (Simone)
Henri Arius (Maître Rostaing)
Charles Blavette (Henri Bernier)

02/05/2005
02/03/2008
Sortie en salles en France : 25 novembre 1945
Première sortie mondiale : 1945
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

Résumé

Vieux thème de la jeune fille pauvre séduite par un fils de famille. Un bossu au grand coeur, Toine, le « deus ex machina » du film, s'offre à épouser la victime, son amie d'enfance, vers qui il n'aurait jamais osé lever les yeux en raison de son infirmité.

© Les fiches du cinéma



Critique Film


De AlHolg, le 27 février 2008
Note du film : 5/6

"Mais puisque je suis heureuse, ce n'est pas une illusion."

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Il existe une évidente et frappante parenté entre certaines des œuvres précédentes(1) de Marcel Pagnol et le méconnu "Naïs Micoulin" d'Emile Zola paru en 1884 (soit entre "La Joie de vivre" et "Germinal" de la série des Rougon-Macquart) à l'origine de cette libre adaptation. Initiateur du projet, Raymond Leboursier, monteur notamment de Jean Dréville ou Marcel L'Herbier et réalisateur d'un premier film avec Raimu et Fernandel, est chargé de sa direction. La production réunit un groupe d'acteurs ayant tous déjà collaboré avec les deux cinéastes auquel s'ajoutent Germaine Kerjean, future pensionnaire de la Comédie Française, et le jeune Niçois Raymond Pellegrin dont la carrière au cinéma avait débuté deux ans auparavant. Naïs est aussi le premier film de Pagnol avec Jacqueline Bouvier, rencontrée en 1938 et qui deviendra sa dernière épouse peu après la fin du tournage.
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Employé dans la fabrique de tuiles de sa petite localité proche de Cassis, Toine est secrètement amoureux de Naïs, la fille unique du veuf Micoulin. Mais il sait que la bosse dont la nature l'a pourvu ne lui permet pas d'espérer être aimé en retour. Son ami Henri Bernier, ingénieur de l'usine, le réconforte en lui racontant les exploits amoureux du duc de Lauzin, bossu comme lui(2). Naïs est allée à Aix apporter chez les Rostaing, propriétaires des terrains donnés en métayage à son père, les primeurs et poissons envoyés chaque mois par ce dernier. Elle y croise leur fils Frédéric, dilettante étudiant en droit préférant secrètement le jeu et la compagnie des femmes. Le jeune homme est aussitôt charmé par la beauté de celle qui n'était encore qu'une adolescente lorsqu'il l'avait embrassée pendant les vacances, trois ans auparavant. Cette rencontre le motive fortement à passer ses prochains congés dans la demeure de ses parents confiée aux Micoulin. Naïs, éprise de Frédéric depuis longtemps, succombe rapidement à ses avances. Une nuit, Toine les surprend enlacés près des ruines du terrain.
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Passade sentimentale, opposition entre la campagne et la ville(3) et entre milieux sociaux, cela ne vous rappelle-t-il rien ? Il y a effectivement une troublante permanence dans les thèmes traités chez Marcel Pagnol. Naïs se démarque toutefois par au moins deux autres contrastes suggérés par le romancier du XIXe, dont on connaît la fascination pour la forte charge dramatique de l'hérédité. Un conflit de générations, manifeste à la fois chez les Rostaing et les Micoulin, caractérisé par le désir, parfois farouche, d'une permanence chez les parents et le "luxe" d'une certaine fugacité dont se parent les deux jeunes gens. L'importance accordée à l'apparence au détriment de l'essence, motif narratif sur lequel repose le scénario à l'exception de la fin, purement et simplement inversée par rapport à celle de l'ouvrage de Zola. Si la rayonnante interprétation de Jacqueline Bouvier (alternant entre une diction demazisienne ou septentrionale !) ne peut être passée sous silence, c'est encore à celle de Fernandel, dont le personnage inspirera celui de Jean de Florette, que le film doit son intensité et son humanité.

___
1. notamment Angèle (Jean Giono) et La Fille du puisatier.
2. sauf erreur, Antonin Nompar de Caumont, premier duc de Lauzun et favori de Louis XIV, n'était pas cyphotique.
3. au moment où s'amorce l'inexorable exode rural que connaitra la France au cours de la seconde moitié du XXe siècle.


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Critique DVD

Jaquette du DVD Naïs
Zone 2, France
Editeur : CMF Vidéo
Sortie : 24 septembre 2007

Format vidéo : 4/3
Audio : Français (DD 2.0 Mono)
Sous-titres : Anglais, Allemand, Espagnol
Suppléments :

  • Filmographies
  • Galerie photos

Note technique : 5/6

Image & son : l'efficace restauration de l'image permet de revoir ce film dans des conditions incomparables, une qualité légèrement atténuée lors des séquences nocturnes au cours desquelles le matériel d'origine ne peut dissimuler son âge. Piste monophonique très convenable.

Compléments :

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Galerie de photographies : 14 photographies de plateau et documents d'exploitation.
Cahier de manuscrits : 6 pages de fac-similés d'une scène extraites du scénario.
Filmographies : de Fernandel, J. Pagnol, R. Pellegrin et H. Poupon.
Cahier critique : 5 pages d'une revue de presse d'époque.
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Avant/après restauration : (16/9 - 12'31) comparatif de sept séquences du film.

AlHolg

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