| Cinéma | |||
Allemagne![]() |
Réalisateur, scénariste et monteur : Rainer Werner Fassbinder ![]() Producteur : Ulli Lommel Compositeur et producteur : Peer Raben | Directeur de la photographie : Michael Ballhaus ![]() Monteur : Thea Eymèsz | Acteurs : Günther Kaufmann (Samuel 'Whity' King)Ron Randell (Benjamin Nicholson) Hanna Schygulla (Hanna)Katrin Schaake (Katherine Nicholson) Harry Baer (Davy Nicholson) Ulli Lommel (Frank Nicholson) Tomás Martín Blanco Stefano Capriati (le juge) Elaine Baker (Marpessa, la mère de Whity) Mark Salvage (le shérif) Helga Ballhaus (la femme du juge) |
12/07/2006 23/10/2006La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Cela ne s'accorde pas..."


présenté en compétition à la Berlinale, Whity
est un faux western et un vrai drame familial tourné en Espagne avec la troupe d'acteurs habituelle de cette époque. Dès le générique d'ouverture, de manière un peu opératique, une partie de l'intrigue est dévoilée. Nous allons assister à un parricide dont nous connaissons presque aussitôt les victimes, mais pas encore l'auteur. Cette tragédie de clowns blancs en trois actes repose essentiellement sur la domination-aliénation, la transgression de classes (et de races) et la manipulation, le tout baignant dans une dense et permanente ambiguïté. Sur le plan cinématographique, le cinéaste ne gère, volontairement, aucune des transitions et alterne les plans fixes, presque photographiques, et les lents mouvements de caméra circulaires, renforçant ainsi le caractère insidieux de la situation narrée. Le film est également intéressant car il constitue une des collaborations précoces du directeur de la photographie Michael Ballhaus
, devenu fameux notamment aux côtés de Martin Scorsese
.
| Télévision | Pioniere in Ingolstadt | ||
Allemagne![]() |
Réalisateur et scénariste : Rainer Werner Fassbinder ![]() Scénariste : Marieluise Fleisser (pièce) | Compositeur : Peer Raben Directeur de la photographie : Dietrich Lohmann | Acteurs : Hanna Schygulla (Berta)Harry Baer (Karl) Irm Hermann (Alma)Rudolf Waldemar Brem (Fabian) Walter Sedlmayr (Fritz) Klaus Löwitsch (le sergent)Carla Egerer (Frieda) Günther Kaufmann (Max)Burghard Schlicht (Klaus) |
12/07/2006 23/10/2006La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"... La où l'on se sent en sécurité, on est prêt à renoncer à l'amour."


, suite de "Fegefeuer in Ingolstadt" écrite en 1928 sous l'amicale impulsion de Bertolt Brecht
. Comme dans ses propres oeuvres théâtrales portées au cinéma, Liebe ist kälter als der Tod
ou Katzelmacher
, le prolifique Rainer Werner Fassbinder
présente la relation humaine sous un angle essentiellement conflictuel, pessimiste, "déceptif" selon l'expression du sémiologue Algirdas Julien Greimas. Soumissions familiale, sociale, hiérarchique ou sexuelle sont au coeur de ce récit sur la perte de l'innocence et de ses illusions, métaphore d'une Allemagne encore convalescente à l'aube des années 1970.
| Cinéma | |||
Allemagne![]() |
Réalisateur et scénariste : Rainer Werner Fassbinder ![]() Scénaristes : Lale Andersen (auteur)Manfred Purzer Joshua Sinclair Werner Uschkurat (dialogues allemands) Producteurs : Luggi Waldleitner Enzo Peri (non crédité) | Compositeur : Peer Raben Directeurs de la photographie : Xaver Schwarzenberger Michael Ballhaus (non crédité) | Acteurs : Hanna Schygulla (Willie)Giancarlo Giannini (Robert)Mel Ferrer (David Mendelsson)Karl-Heinz von Hassel (Henkel) Erik Schumann (von Strehlow) Hark Bohm (Taschner) Gottfried John (Aaron)Karin Baal (Anna Lederer) Christine Kaufmann (Miriam)Udo Kier (Drewitz)Roger Fritz (Kauffmann) Rainer Will (Bernt) ... ![]() |
avant le 21/11/2004 24/10/2006La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"Das Mädchen unter der Laterne"

ressemble assez peu à une oeuvre de Rainer Werner Fassbinder
. Très confortablement dotée sur le plan budgétaire (cinq fois celui de Die Ehe der Maria Braun
), cette production s'apparente davantage à un film de pur divertissement, sorte d'hommage mélodramatique à Douglas Sirk
que le réalisateur trentenaire appréciait tant, qu'à un essai cinématographique à vocation sociale et/ou politique comme ceux qui ont marqué sa carrière au cours des années 1970. Cependant, derrière cette histoire d'une chanson et cette romance inspirées par l'autobiographie de la comédienne et chanteuse allemande Lale Andersen
, "Der Himmel hat viele Farben" (le ciel est empli de couleurs), se dissimulent le destin d'une femme et celui d'un pays, une thématique authentiquement fassbindèrienne
. Celle-ci traverse d'ailleurs quatre films de cette dernière période du cinéaste, Die Ehe der Maria Braun
déjà cité et probable meilleur opus de la série, Lola
sorti la même année que Lili Marleen
et Die Sehnsucht der Veronika Voss
, pénultième production du réalisateur.

est mon premier sujet sur le IIIe Reich, ce ne sera pas le dernier." Le voeu, exprimé en avril 1981 dans une interview à un quotidien français, ne s'est pas réalisé, le cinéaste décédant un peu plus d'un an plus tard. Mais en plus de quarante films réalisés en seize ans, on peut raisonnablement affirmer que Fassbinder
a atteint une bonne partie de son ambition. Surtout si l'on tient compte de l'influence qu'il a exercé sur le cinéma de son pays. En adaptant à l'écran l'ouvrage de Lale Andersen
, il ne fait pas oeuvre d'historiographe. Sa relation de la période 1938-1945 en Allemagne est fortement condensée, dédramatisée, tour à tour symbolique à travers l'ascension d'une artiste sans réel talent et satirique par les futiles (en)jeux politiques qui y sont dépeints. Sur le thème goethien
du compromis diabolique, Lili Marleen
est nettement moins percutant que le remarquable Mephisto
du Hongrois István Szabó
sorti également en 1981. Engagé dans son désengagement, ce film paradoxal, centré sur un personnage qui ne l'est pas moins, est une manière de tenter de répondre à la lancinante question qui anime son parcours : "où suis-je dans l'histoire de mon pays ? Pourquoi suis-je allemand ?"