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Critique Films

Cinéma
Allemagne
Drame
Réalisateur, scénariste et monteur :
Rainer Werner Fassbinder

Producteur :
Ulli Lommel

Compositeur et producteur :
Peer Raben

Directeur de la photographie :
Michael Ballhaus

Monteur :
Thea Eymèsz

Acteurs :
Günther Kaufmann (Samuel 'Whity' King)
Ron Randell (Benjamin Nicholson)
Hanna Schygulla (Hanna)
Katrin Schaake (Katherine Nicholson)
Harry Baer (Davy Nicholson)
Ulli Lommel (Frank Nicholson)
Tomás Martín Blanco
Stefano Capriati (le juge)
Elaine Baker (Marpessa, la mère de Whity)
Mark Salvage (le shérif)
Helga Ballhaus (la femme du juge)

12/07/2006
23/10/2006
Première sortie mondiale : 1971
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 24 octobre 2006
Note du film : 3/6

"Cela ne s'accorde pas..."

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1878, dans une petite ville de l'Ouest américain. Samuel King, dit 'Whity' est le très serviable domestique Noir de la famille Nicholson. Benj(amin) Nicholson est un riche propriétaire terrien, domaine dont sa jeune épouse, Katherine, rêve d'hériter. Ses fils, Frank et le demeuré mental Davy, nourrissent quant à eux, un complexe oedipien vis-à-vis de leur belle-mère. Le premier demande à 'Whity' de tuer son père ; Katherine, apprenant le décès prochain de son mari par le médecin auquel elle s'est offerte, lui confie le soin d'éliminer Frank. Hanna, la chanteuse et prostituée du saloon, voudrait emmener 'Whity' sur la côte Est.
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Troisième film de Rainer Werner Fassbinder présenté en compétition à la Berlinale, Whity est un faux western et un vrai drame familial tourné en Espagne avec la troupe d'acteurs habituelle de cette époque. Dès le générique d'ouverture, de manière un peu opératique, une partie de l'intrigue est dévoilée. Nous allons assister à un parricide dont nous connaissons presque aussitôt les victimes, mais pas encore l'auteur. Cette tragédie de clowns blancs en trois actes repose essentiellement sur la domination-aliénation, la transgression de classes (et de races) et la manipulation, le tout baignant dans une dense et permanente ambiguïté. Sur le plan cinématographique, le cinéaste ne gère, volontairement, aucune des transitions et alterne les plans fixes, presque photographiques, et les lents mouvements de caméra circulaires, renforçant ainsi le caractère insidieux de la situation narrée. Le film est également intéressant car il constitue une des collaborations précoces du directeur de la photographie Michael Ballhaus, devenu fameux notamment aux côtés de Martin Scorsese.


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TélévisionPioniere in Ingolstadt
Allemagne
Drame
Réalisateur et scénariste :
Rainer Werner Fassbinder

Scénariste :
Marieluise Fleisser (pièce)

Compositeur :
Peer Raben

Directeur de la photographie :
Dietrich Lohmann

Acteurs :
Hanna Schygulla (Berta)
Harry Baer (Karl)
Irm Hermann (Alma)
Rudolf Waldemar Brem (Fabian)
Walter Sedlmayr (Fritz)
Klaus Löwitsch (le sergent)
Carla Egerer (Frieda)
Günther Kaufmann (Max)
Burghard Schlicht (Klaus)

12/07/2006
23/10/2006
Première sortie mondiale : 1971
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 24 octobre 2006
Note du film : 3/6

"... La où l'on se sent en sécurité, on est prêt à renoncer à l'amour."

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Ingolstadt (Bavière). Berta et Alma, deux amies, regardent défiler les soldats stationnés dans la ville. Certains d'entre-eux sont chargés de la construction d'un pont de bois sur le Danube sous la conduite d'un adjudant. Berta, domestique chez M. Unertl et incidemment convoitée par son fils indolent Fabian, s'éprend du pionnier Karl rencontré la nuit dans le parc. Elle se détache d'Alma qui, ayant perdu son emploi, monnaie ses charmes auprès des soldats. Le volage et séducteur Karl n'aime pas sincèrement Berta et repousse leur première relation physique, envoyant même son ami Max tenter de prendre sa place dans le coeur de la jeune femme.
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Amour, sexe et rapport de forces, telle est la trilogie sur laquelle repose cette adaptation, volontiers elliptique et un peu hypnotique, de la pièce de Marieluise Fleißer, suite de "Fegefeuer in Ingolstadt" écrite en 1928 sous l'amicale impulsion de Bertolt Brecht. Comme dans ses propres oeuvres théâtrales portées au cinéma, Liebe ist kälter als der Tod ou Katzelmacher, le prolifique Rainer Werner Fassbinder présente la relation humaine sous un angle essentiellement conflictuel, pessimiste, "déceptif" selon l'expression du sémiologue Algirdas Julien Greimas. Soumissions familiale, sociale, hiérarchique ou sexuelle sont au coeur de ce récit sur la perte de l'innocence et de ses illusions, métaphore d'une Allemagne encore convalescente à l'aube des années 1970.


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Cinéma
Allemagne
Drame
Réalisateur et scénariste :
Rainer Werner Fassbinder

Scénaristes :
Lale Andersen (auteur)
Manfred Purzer
Joshua Sinclair
Werner Uschkurat (dialogues allemands)

Producteurs :
Luggi Waldleitner
Enzo Peri (non crédité)

Compositeur :
Peer Raben

Directeurs de la photographie :
Xaver Schwarzenberger
Michael Ballhaus (non crédité)

Acteurs :
Hanna Schygulla (Willie)
Giancarlo Giannini (Robert)
Mel Ferrer (David Mendelsson)
Karl-Heinz von Hassel (Henkel)
Erik Schumann (von Strehlow)
Hark Bohm (Taschner)
Gottfried John (Aaron)
Karin Baal (Anna Lederer)
Christine Kaufmann (Miriam)
Udo Kier (Drewitz)
Roger Fritz (Kauffmann)
Rainer Will (Bernt)

...

avant le 21/11/2004
24/10/2006
Première sortie mondiale : 1981
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

De AlHolg, le 25 octobre 2006
Note du film : 4/6

"Das Mädchen unter der Laterne"

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De prime abord, Lili Marleen ressemble assez peu à une oeuvre de Rainer Werner Fassbinder. Très confortablement dotée sur le plan budgétaire (cinq fois celui de Die Ehe der Maria Braun), cette production s'apparente davantage à un film de pur divertissement, sorte d'hommage mélodramatique à Douglas Sirk que le réalisateur trentenaire appréciait tant, qu'à un essai cinématographique à vocation sociale et/ou politique comme ceux qui ont marqué sa carrière au cours des années 1970. Cependant, derrière cette histoire d'une chanson et cette romance inspirées par l'autobiographie de la comédienne et chanteuse allemande Lale Andersen, "Der Himmel hat viele Farben" (le ciel est empli de couleurs), se dissimulent le destin d'une femme et celui d'un pays, une thématique authentiquement fassbindèrienne. Celle-ci traverse d'ailleurs quatre films de cette dernière période du cinéaste, Die Ehe der Maria Braun déjà cité et probable meilleur opus de la série, Lola sorti la même année que Lili Marleen et Die Sehnsucht der Veronika Voss, pénultième production du réalisateur.
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Zurich, 1938. Willie, une chanteuse de cabaret, est la maîtresse de Robert, un jeune compositeur issu d'une riche famille juive de la ville. Celui-ci participe également aux opérations de l'organisation clandestine dirigée par son père, l'influent avocat David Mendelsson, destinées à permettre à certains ressortissants allemands de quitter leur pays grâce à de faux papiers. Au cours de l'un de ses voyages à Munich, Robert emmène Willie avec lui, présentée commes sa fiancée. A leur retour, la jeune femme née en Allemagne est refoulée par la douane suisse. Malgré leurs tentatives respectives pour contrarier cette décision administrative orchestrée en sous-main par David Mendelsson, les amants sont séparés. Pour survivre, Willie se rend chez Hans Henkel, rencontré peu de temps auparavant dans le cabaret zurichois, lequel la recommande auprès du patron du "Simpl", un modeste estaminet où sa première apparition déclenche une bagarre générale. L'officier Henkel lui propose d'enregistrer sa chanson "Lili Marleen". Le disque est un échec mais, une fois la guerre déclenchée, la chanson est diffusée par la radio militaire allemande de Belgrade aux soldats de la Wehrmacht, rencontrant cette fois un très grand succès.
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"J'espère vivre assez longtemps pour réaliser une douzaine de films qui recomposeraient l'Allemagne dans sa globalité, telle que je la vois. Chacun représenterait une étape, même si l'ordre chronologique n'est pas respecté. Lili Marleen est mon premier sujet sur le IIIe Reich, ce ne sera pas le dernier." Le voeu, exprimé en avril 1981 dans une interview à un quotidien français, ne s'est pas réalisé, le cinéaste décédant un peu plus d'un an plus tard. Mais en plus de quarante films réalisés en seize ans, on peut raisonnablement affirmer que Fassbinder a atteint une bonne partie de son ambition. Surtout si l'on tient compte de l'influence qu'il a exercé sur le cinéma de son pays. En adaptant à l'écran l'ouvrage de Lale Andersen, il ne fait pas oeuvre d'historiographe. Sa relation de la période 1938-1945 en Allemagne est fortement condensée, dédramatisée, tour à tour symbolique à travers l'ascension d'une artiste sans réel talent et satirique par les futiles (en)jeux politiques qui y sont dépeints. Sur le thème goethien du compromis diabolique, Lili Marleen est nettement moins percutant que le remarquable Mephisto du Hongrois István Szabó sorti également en 1981. Engagé dans son désengagement, ce film paradoxal, centré sur un personnage qui ne l'est pas moins, est une manière de tenter de répondre à la lancinante question qui anime son parcours : "où suis-je dans l'histoire de mon pays ? Pourquoi suis-je allemand ?"


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Critique DVD

Jaquette du DVD Coffret Fassbinder 3 DVD : Pionniers à Ingolstadt / Whity / Lili Marleen
Zone 2, France
Editeur : Opening
Sortie : 24 octobre 2006

Format vidéo : 16/9
Audio : Allemand (DD 2.0 Stereo)
Sous-titres : Français
Suppléments :

  • Interview
  • Filmographies

Note technique : 5/6

Image & son :
"Pionniers à Ingolstadt" : (format : 4/3) un transfert convenable, l'image est relativement équilibrée mais elle laisse apparaître quelques scories. La définition s'avère, en revanche, un peu juste et la compression est parfois sensible. Piste monophonique allemande correcte.
"Whity" : (format : 16/9) lorsqu'elle n'est pas quasiment inesthétique (45'30), l'image manque globalement de finesse, sauf dans les scènes en extérieurs. Version originale monophonique convenable.
"Lili Marleen" : (format : 16/9) sans être tout à fait convaincant et malgré quelques épisodes déplaisants (44'04 notamment), ce master est le plus satisfaisant du lot. Pistes monophoniques satisfaisantes, les deux versions présentant des équilibres tonaux différents.

Suppléments : (au format 4/3)

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"Pionniers à Ingolstadt" :
Présentation du film : (3'52) par Noël Simsolo.
Remember Fassbinder, les cinéastes : (27'22) "Témoignages" des cinéastes Laurent Perrin et Serge Le Péron sur R.W. Fassbinder. Illustré par des extraits de films.
Filmographie : du réalisateur.

"Whity" :

 - film - 43792_11
Présentation du film : (4'00) par Noël Simsolo.
Remember Fassbinder, les découvreurs : (32'06) "Témoignages" de Noël Simsolo et Pierre-Henri Deleau.
Filmographie : du réalisateur.

""Lili Marleen" :

 - film - 11846_13
Présentation du film : (5'13) par Noël Simsolo.
Remember Fassbinder, les romanciers : (41'43) "Témoignages" de Bruno Bayen, Martin Winckler et Jean Echenoz.
Filmographie : du réalisateur

AlHolg

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