"... Comme un sabre nu."

soit une suite de Yojimbo
, ce qu'il n'est évidemment pas. Les deux films forment plutôt ensemble un diptyque, le second étant sensiblement influencé par le premier, comme le confirma Akira Kurosawa
dans une interview en 1964. Selon cette même source, le réalisateur et producteur japonais, une fois la rédaction du scénario de Tsubaki Sanjûrô
achevée, avait confié à son premier assistant Hiromichi Horikawa le soin de le tourner. Mais il fut contraint de s'en charger lui-même sous la pression amicale de la Toho
. L'histoire, initialement inspirée d'un roman de Shugoro Yamamoto
, est une nouvelle fois remaniée, notamment l'aptitude au combat du personnage central, se traduisant également par un développement des scènes d'action.


, souvent placé parmi les meilleurs films du réalisateur, les cinéphiles, et en particulier les vrais amateurs de cinéma japonais, lui préfèrent Tsubaki Sanjûrô
. Pas de sélection à la Mostra ou aux Academy Awards pour ce dernier, juste la prodigieuse "démonstration du remarquable talent" de Kurosawa
, capable de faire d'une histoire très simple, quasiment un prétexte, un pur chef-d'oeuvre. Autant le film précédent séduisait par son originalité excentrique et sa tonalité parodique, autant celui-ci ravit par son classicisme, sa logique formelle et son abstraction. Un réjouissant conflit générationnel constitue le ressort essentiel du récit, celui entre la vertu inconséquente de jeunes samouraïs et l'intelligence de leur apathique, vénal et grossier aîné vagabond dont ils vont faire leur maître. Thématique relayée par une intéressante prise de conscience de l'horreur de la violence suscitée par l'un des personnages secondaires les plus insolites de la filmographie de Kurosawa
. Tsubaki Sanjûrô
joue d'ailleurs volontiers de cette percutante association entre énigme et comédie. Est-il utile de souligner la qualité de l'interprétation ? Indiquons toutefois que Yuzo Kayama
, le fils de Ken Uehara
, grande vedette du cinéma japonais des années 1940-1950, deviendra à son tour très populaire grâce à Mikio Naruse
et à son rôle dans Akahige
avant d'entamer une carrière de chanteur.