"Tragedy queens in love."

est un film... indien. Ou doit-on dire universel ? Car même si The River
est visuellement irrigué par la partie bengali du Gange, l'une des sept rivières sacrées de l'Inde, la belle et douce intrigue qui s'y noue se nourrit, avant tout, de la dramaturgie humaine au sens générique du terme. Après les sept films, globalement décevants pour lui, tournés depuis son arrivée en 1940 aux Etats-Unis, Renoir
, avant son retour en Europe, se libère du carcan hollywoodien et réalise ce projet, proche de ses premiers fims, qui lui tient à coeur et qu'il prépare depuis plusieurs années. En compétition, au sein d'une sélection relevée, à la Mostra de Venise 1951, cette unique production de l'improbable Kenneth McEldowney, un fleuriste et agent immobilier ayant cédé ses biens pour la monter, fut l'un des trois films à recevoir le "Prix international" du festival.

), The River
est librement inspiré du livre publié en 1949 par la romancière britannique Rumer Godden
à laquelle on doit déjà l'excellent Black Narcissus
de Michael Powell
et Emeric Pressburger
. Ce premier film en couleur du réalisateur ne sacrifie évidemment pas au canon des productions "exotiques" hollywoodiennes, cousues de folklore et de sentimentalisme bon marché. Le magicien Renoir
parvient à faire de cette histoire d'un premier chagrin d'amour d'une enfant devenue, à cette occasion, une adulte une puissante peinture de l'humanité, de ses illusions et de sa diversité. Un profond lyrisme ethno-romanesque, teintée d'élégie, traverse cette tragédie apparemment paisible, tournée dans une région et un pays traditionnellement déchirés par des crises sociales et politiques. 
, pour lequel le fils cadet de Pierre-Auguste Renoir a fait appel à son neveu Claude
, déjà à l'oeuvre sur trois précédents films de son oncle dont le remarquable Une Partie de campagne
. Et son influence sur la vocation de l'un des plus grands cinéastes indigènes, Satyajit Ray
, présent sur le tournage.