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CinémaSchindler's List
Etats-Unis
Drame
Réalisateur et producteur :
Steven Spielberg

Scénaristes :
Thomas Keneally (auteur)
Steven Zaillian

Producteurs :
Branko Lustig
Gerald R. Molen

Compositeur :
John Williams

Directeur de la photographie :
Janusz Kaminski

Société de production :
Universal Pictures

Acteurs :
Liam Neeson (Oskar Schindler)
Ben Kingsley (Itzhak Stern)
Ralph Fiennes (Amon Goeth)
Caroline Goodall (Emilie Schindler)
Jonathan Sagall (Poldek Pfefferberg)
Embeth Davidtz (Helen Hirsch)
Malgoscha Gebel (Victoria Klonowska)
Shmulik Levy (Wilek Chilowicz)
Mark Ivanir (Marcel Goldberg)
Béatrice Macola (Ingrid)
Andrzej Seweryn (Julian Scherner)
Friedrich von Thun (Rolf Czurda)

...

avant le 21/11/2004
02/04/2008
Première sortie mondiale : 1993
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

Résumé

Evocation des années de guerre d'Oskar Schindler, fils d'industriel d'origine autrichienne rentre à Cracovie en 1939 avec les troupes allemandes. Il va tout au long de la guerre protéger des juifs en les faisant travailler dans sa fabrique et en 1944 sauver huit cents hommes et trois cents femmes du camp d'extermination de Treblinka.



Critique Film


De dumbledore, le 27 avril 2004
Note du film : 5/6

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Le film avait fait couler beaucoup d'encre à sa sortie. Claude Lanzmann, détenteur officiel de la franchise des films sur la Shoah, avait lapidé Schindler's List qu'il avait trouvé obscène. S'était posée la question de la possible ou non appréhension par le cinéma de fiction d'une réalité aussi terrible, aussi forte que la Shoah. Demander à des comédiens de "mimer", de "jouer" un déporté, n'est-ce pas un manque de respect ? D'un côté ceux qui disaient : il impossible - comprenez, il devrait être interdit - de faire une fiction sur la Shoah. Les autres proclamaient au nom de l'Art que tout sujet peut et doit être traité par le cinéma.

Entre les deux, une voix faible, celle de Stanley Kubrick qui avait dû renoncer à son Aryan's Paper en apprenant la mise en chantier du film de Spielberg. Stanley Kubrick remarquait que Schindler's List n'était pas un film sur la shoah (l'extermination de 6 millions de juifs par les forces nazis) mais un film sur des juifs qui s'en sortaient, sur des survivants !

Simple passe-passe rhétorique? Non. Au contraire, Stanley Kubrick met le doigt exactement sur le dilemme que le film de Spielberg n'a pas su assumer, sur une nuance que Spielberg n'a pas vu dans son propre sujet. Voulant faire un film sur la shoah, il a fait un film sur ceux qui ne sont pas morts dans ces camps. Durant tout le film en effet, on va et on vient entre les deux sujets, qu'une scène précise incarne parfaitement : les personnages du film qui sont conduits dans une chambre à gaz et qui subissent... une douche d'eau. On y a vu du révisionnisme. Il faut y voir une maladresse très "spielberguienne".

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Spielberg n'est pas Francis Ford Coppola, il n'est pas Kubrick et il n'est pas non plus Polanski. Spielberg est un homme de certitudes, avec une vision manichéenne du monde. Le parcours de ses personnages ne peut prendre que deux voies. Soit de se maintenir dans des certitudes qui sont plus fortes que le monde qui l'entoure (Tom Hanks dans Il faut sauver le Soldat Ryan, Roy Neary dans Rencontres du troisième type ou Elliott dans E.T.).
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Soit de renoncer à des contradictions pour trouver sa place dans la société (film Leonardo DiCaprio dans Catch me if you can, Dennis Quaid dans Jurassic Park ou bien encore Liam Neeson dans Schindler's List).

Les autres cinéastes cités en comparaison développent l'inverse, un inverse beaucoup plus psychologiquement juste et réaliste: la contradiction n'est pas quelque chose qu'on dépasse mais est le coeur même de l'être humain. Leur cinéma est là pour montrer ces contradictions constitutives de l'homme et de la société et montre ces personnages tenter de les gérer.

Dans Schindler's List, il y a deux films. Celui du personnage de Schindler qui se débat entre un colonel de camp nazi et crétin et les juifs qui travaillent pour lui. Le second film, c'est le background de l'histoire de cet homme : le camp de concentration, le ghetto, l'Allemagne nazie. Traiter les deux sujets étaient impossible.

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On peut dire que toute l'histoire principale (Schindler dont le parcours est finalement de comprendre que l'humanisme est plus important que le profit) est sublime. Schindler's List est sans aucun doute le dernier très grand film en date de Spielberg, avec une mise en scène sublime (l'utilisation du Noir et blanc et de la couleur, les scènes de rafles, etc), un rythme étonnant (le début) et des idées visuelles qui faisaient sa force. Mais surtout une émotion à fleurs de peau aidée par la musique de John Williams.

Mais d'un autre côté, le film est lourd et larmoyant sur les camps. Pire, il est voyeur et de mauvais goût, se terminant même avec un amalgame indigeste entre la shoah et le sionisme.

Le film de Roman Polanski, le pianiste ou plus exactement sa mise en scène doit être rapprochée et comparée à celle de Spielberg. Roman Polanski film en travelling arrière son personnage qui marche dans le ghetto et on voit à ses pieds, dans le cadre des cadavres qui sont "naturellement" là. Spielberg fait le même travelling arrière mais tout en précédant son personnage il fait vite des panoramiques à droite et à gauche pour montrer le décor, pour montrer le camp... comme si les horreurs qui s'y passent ne faisaient pas "naturellement" partis de son histoire, de son personnage.

Deux mises en scène différentes, mais surtout deux conceptions fort différentes du cinéma et du monde.


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Critique DVD

Jaquette du DVD La Liste de Schindler - Edition Collector 2 DVD
Zone 2, France
Editeur : Universal
Sortie : 6 avril 2004

Format vidéo : 16/9
Audio : Anglais (DD5.1), Français (DTS, DD5.1)
Sous-titres : Anglais, Français
Suppléments :

  • Présentation de Shoah Foundation par Spielberg
  • Témoignages des survivants de la Shoah

Note technique : 4/6

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Image et son: Le noir et blanc du film trouve ici une restitution proche de la perfection. Le master est impeccable, la définition aiguisée et le contraste très agréable. Du très bon boulot. Le son est également de très bonne facture. Le DTS est offert malheureusement uniquement pour la VF. La VO est du coup en dessous niveau qualité que la VF. Un tout petit peu en-dessous, mais en-dessous tout de même.

Cette qualité globale a un prix : un film sur deux faces avec une coupe bien désagréable même si elle arrive en fin de scène.

''Suppléments:''

Featurette (4/3 - 11mn) "l'histoire de The Shoah Foundation avec Steven Spielberg" . Spielberg explique qu'elle fut son projet et la réalisation de sa fondation qui a pour but de sauvegarder la parole des déportés.

Documentaire (4/3 - 1h20) "Des Voix de la Liste " offrent la parole aux survivants pour raconter leur quotidien dans les camps.

dumbledore

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