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CinémaThe Exorcist
Etats-Unis
Horreur
Réalisateur :
William Friedkin

Scénariste :
William Peter Blatty (& auteur)

Producteur :
William Peter Blatty

Compositeurs :
Jack Nitzsche (musique addit.)
Mike Oldfield (extr. "Tubular Bells")

Directeur de la photographie :
Owen Roizman

Société de production :
Warner Bros.

Voix :
Mercedes McCambridge

Acteurs :
Ellen Burstyn (Chris MacNeil)
Max von Sydow (le père Lancaster Merrin)
Jason Miller (le père Damien Karras)
Lee J. Cobb (le lieutenant William Kinderman)
Kitty Winn (Sharon Spencer)
Jack MacGowran (Burke Dennings)
Linda Blair (Regan Teresa MacNeil)
Reverend William O'Malley (le père Dyer)
Barton Heyman (Dr. Klein)

avant le 21/11/2004
15/09/2008
Sortie en salles en France : 14 mars 2001
Première sortie mondiale : 1973
La fiche technique complète du film :  La fiche technique complète sur IMDb

Résumé

Regan, une jeune fille de 13 ans, vit avec sa maman, Chris MacNeil, une actrice qui entre deux tournages tente de concilier vie professionnelle et familiale. Elle découvre que sa fille est victime de troubles du sommeil, d'agitations fréquentes et qu'elle devient de plus en plus violente envers son entourage. Inquiète, elle consulte des cliniciens, neurologues et autres experts qui procèdent dans un premier temps à deux interventions très douloureuses, et à la fin desquelles une première explication est livrée sans que Chris ne soit rassurée ou convaincue. Dans le même temps l'état de sa fille empire. Désespérée, confrontée à des docteurs qui ne semblent plus la comprendre, elle décide en dernier recours de se tourner vers un exorciste, le père Damien Karras. (dvdclassik.com)



Critique Film


De dumbledore, le 21 novembre 2003
Note du film : 6/6

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L’Exorciste est sans doute LE film d’horreur par excellence. Jamais jusqu’alors – 1973 – un film d’horreur n’avait été traité de la sorte, à savoir avec le plus grand sérieux qui soit (à part ’Psychose d’Hitch et Le voyeur de Michael Powell). Aucun humour dans le film, aucun moyen de rire "avec" (comme les films gores qui mélange humour noir et horreur) ou rire "du" film (par des effets spéciaux trop ridicule pour être pris au sérieux). Non, L’Exorciste vise le réalisme, et c’est parce qu’il l’atteint que le film est aussi terrible. Il l’atteint et la porte de sortie du rire exutoire nous est interdit.

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Cette porte nous étant bien fermée, William Friedkin va nous balancer ensuite les images fantasmatiques les plus terribles qui soient. Il prend une jolie gentille petite fille bien élevée et bien douce et la transforme en son opposé absolu : le diable, haineux, violent, vulgaire. Ce qui explose ici c’est toute la conception fantasmatique de « l’enfant roi », gentil et pur ( que Freud en son temps avait bien essayé d’écorner avec sa théorie sexuelle infantile). Cette figure se réduit même à une image, deux plans en fait, les plus terribles vu jusque là au cinéma d’une jeune fille à peine pubère se masturbant sauvagement à l’aide d’un crucifix en poussant des jurons obscènes.
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Heureusement, William Friedkin n’est pas seulement un provocateur qui sait choqué et faire réagir les spectateurs, c’est également un réalisateur qui a l’intelligence de dépasser la provocation pour développer un propos.

Contrairement à ce qu’on pourrait dire au premier abord, ce n’est pas le Diable qui intéresse le réalisateur (il y a d’ailleurs bien peu de réalisateur à avoir fait des films sur le sujet et qui s’en soucie), ce sont ces personnages et ce qu’ils incarnent.

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Un des clichés évité par le film est de n’avoir pas recouru à la maison hantée. On n’a pas la jeune femme et sa fille qui débarquent dans une maison et qui sont dérangés (après quelques minutes d’exposition) par quelque poltergeist. Non, le film démarre sur un quart d’heure sur un personnage secondaire de l’histoire, Max Von Sydow qui vient de « réveiller » quelque chose en Irak. Ensuite, on arrive aux Etat-Unis où l’on suit le personnage de Karras d’un côté et celui de Chris MacNeil et sa fille Regan de l’autre. Le point commun entre les trois personnages c’est l’incapacité de faire face aux exigences de la réalité. Le Père Merrin est malade du cœur et se trouve handicapé dans ses déplacements et action. Karras, prêtre ancien boxeur, culpabilise de ne pouvoir s’occuper de sa mère qui mourra finalement seule. Chris n’arrive pas à être suffisamment présent et à offrir la présence d’un père à sa fille Regan.

Si l’on ote l’explication fantastique du démon pazuzu (développé lui-même très peu dans le film) pour rester dans une explication plus « psychologique » de ce qui arrive à Regan, on cerne mieux le réel propos des auteurs et la métaphore qu’incarne le film : le portrait d’une société américaine inopérante, dépassée par la réalité (économique, spirituelle, physique) qui l’entoure. Le traumatisme du Viet-Nam est encore présent, la Guerre froide grand sujet des films d’horreurs est encore là. La conséquence de ces manquements est finalement de transformer nos enfants en monstres, une jeunesse bouffée par la violence, qui appelle à l’aide et que le monde adulte (scientifique des médecins et spirituel des prêtres) a bien du mal à sauver.

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Ce qu’a bien compris Friedkin c’est que finalement les vraies terreurs ne peuvent être celle de monstres éloignés et mythiques, mais bel et bien celles issues des craintes quotidiennes et individuel de chacun d’entre nous.

Un petit mot sur cette version longue. Pour une fois, il ne s’agit pas d’une « director’s cut » mais d’un « screenplayer’s cut ». Les scènes rajoutées (sans intérêt si ce n’est appuyer encore plus sur ce qui était dit en finesse) avaient été refusées à l’époque par le réalisateur qui s’opposait à son scénariste William Peter Blatty. Cette nouvelle version est donc celle de l’échec de William Friedkin.


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Critique DVD

Jaquette du DVD L'Exorciste - Version Intégrale - Édition Collector 2 DVD
Zone 2, France
Editeur : Warner
Sortie : 19 novembre 2003

Format vidéo : 16/9
Audio : Anglais (DD5.1), Français (DD5.1)
Sous-titres : Anglais, Français, Allemand
Suppléments :

  • Commentaires audio de William Friedkin
  • 4 spots TV
  • 2 spots radio
  • Making-of : Le tournage d'un film maudit T (53' VOst)

Note technique : 5/6

Image:Etonnamment, l’image n’est pas parfaite. Elle est souvent un peu abîmée et manque à d’autres moment de définition. Toutefois, à part ces exceptions, la qualité est au rendez vous et globalement le film possède une belle colorimétrie et un joli contraste.

Son:Le remixage 5.1 donne une belle ambiance au film, mettant en valeur le montage son particulièrement fin du film. La piste française tient bien la comparaison avec l’original.

Suppléments:Warner oblige, le Commentaire audio de William Friedkin est sans sous-titres français. Les amateurs de la langue de Shakespeare pourront eux se régaler des propos du réalisateur qui revient avec finesse sur le film qui lui offrit la gloire. Les autres passeront au Documentaire « Tournage d’un film maudit » , en réalité un making of de 53 minutes présent sur le second disque. Il faudra faire abstraction d’une mise en scène plagiant le film pour se concentrer sur les intervenants qui reviennent sur le film qui les a tous un peu dépassé. Bien fait et agréable, pour une fois quand ils se vantent d’avoir fait un très grand film on ne peut le leur reprocher. Ils ont raison.

4 spots TV et 2 Spots radio, et des Bandes -annonces sont également proposés sur le dvd.

dumbledore

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