
d’Hitch et Le voyeur
de Michael Powell
). Aucun humour dans le film, aucun moyen de rire "avec" (comme les films gores qui mélange humour noir et horreur) ou rire "du" film (par des effets spéciaux trop ridicule pour être pris au sérieux). Non, L’Exorciste vise le réalisme, et c’est parce qu’il l’atteint que le film est aussi terrible. Il l’atteint et la porte de sortie du rire exutoire nous est interdit.

va nous balancer ensuite les images fantasmatiques les plus terribles qui soient. Il prend une jolie gentille petite fille bien élevée et bien douce et la transforme en son opposé absolu : le diable, haineux, violent, vulgaire. Ce qui explose ici c’est toute la conception fantasmatique de « l’enfant roi », gentil et pur ( que Freud en son temps avait bien essayé d’écorner avec sa théorie sexuelle infantile). Cette figure se réduit même à une image, deux plans en fait, les plus terribles vu jusque là au cinéma d’une jeune fille à peine pubère se masturbant sauvagement à l’aide d’un crucifix en poussant des jurons obscènes. 
Heureusement, William Friedkin
n’est pas seulement un provocateur qui sait choqué et faire réagir les spectateurs, c’est également un réalisateur qui a l’intelligence de dépasser la provocation pour développer un propos.
Contrairement à ce qu’on pourrait dire au premier abord, ce n’est pas le Diable qui intéresse le réalisateur (il y a d’ailleurs bien peu de réalisateur à avoir fait des films sur le sujet et qui s’en soucie), ce sont ces personnages et ce qu’ils incarnent.

qui vient de « réveiller » quelque chose en Irak. Ensuite, on arrive aux Etat-Unis où l’on suit le personnage de Karras d’un côté et celui de Chris MacNeil et sa fille Regan de l’autre. Le point commun entre les trois personnages c’est l’incapacité de faire face aux exigences de la réalité. Le Père Merrin est malade du cœur et se trouve handicapé dans ses déplacements et action. Karras, prêtre ancien boxeur, culpabilise de ne pouvoir s’occuper de sa mère qui mourra finalement seule. Chris n’arrive pas à être suffisamment présent et à offrir la présence d’un père à sa fille Regan.
Si l’on ote l’explication fantastique du démon pazuzu (développé lui-même très peu dans le film) pour rester dans une explication plus « psychologique » de ce qui arrive à Regan, on cerne mieux le réel propos des auteurs et la métaphore qu’incarne le film : le portrait d’une société américaine inopérante, dépassée par la réalité (économique, spirituelle, physique) qui l’entoure. Le traumatisme du Viet-Nam est encore présent, la Guerre froide grand sujet des films d’horreurs est encore là. La conséquence de ces manquements est finalement de transformer nos enfants en monstres, une jeunesse bouffée par la violence, qui appelle à l’aide et que le monde adulte (scientifique des médecins et spirituel des prêtres) a bien du mal à sauver.

c’est que finalement les vraies terreurs ne peuvent être celle de monstres éloignés et mythiques, mais bel et bien celles issues des craintes quotidiennes et individuel de chacun d’entre nous.
Un petit mot sur cette version longue. Pour une fois, il ne s’agit pas d’une « director’s cut » mais d’un « screenplayer’s cut ». Les scènes rajoutées (sans intérêt si ce n’est appuyer encore plus sur ce qui était dit en finesse) avaient été refusées à l’époque par le réalisateur qui s’opposait à son scénariste William Peter Blatty. Cette nouvelle version est donc celle de l’échec de William Friedkin
.